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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 06:47
Les champions trotteurs de légende en France
22 - Les années 2000 (Jag de Bellouet)
Jag de Bellouet, par Viking’s Way et Vaunoise, appartenant à Michel Gallier, entraîné par Christophe Gallier. Après avoir trotté dans l’ombre des meilleurs durant de longues saisons, il s’est finalement imposé comme le plus fameux de nos champions trotteurs dans les deux spécialités, monté, attelé, tant et si bien qu’on le compare désormais à Bellino II. Il a d’ailleurs réussi l’exploit de gagner la même année le Prix de Cornulier et le Prix d’Amérique, doublé légendaire, qui n’avait plus été réalisé depuis Bellino II en 1976.

Jag de Bellouet, par Viking’s Way et Vaunoise, appartenant à Michel Gallier, entraîné par Christophe Gallier. Après avoir trotté dans l’ombre des meilleurs durant de longues saisons, il s’est finalement imposé comme le plus fameux de nos champions trotteurs dans les deux spécialités, monté, attelé, tant et si bien qu’on le compare désormais à Bellino II. Il a d’ailleurs réussi l’exploit de gagner la même année le Prix de Cornulier et le Prix d’Amérique, doublé légendaire, qui n’avait plus été réalisé depuis Bellino II en 1976.

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

Christophe Gallier

Christophe Gallier

Jag de Bellouet

Jag de Bellouet

Jag de Bellouet

C’est à Lingreville dans la Manche, près de Bréhal et de Granville, que se trouve le fief de Jag de Bellouet, là où il réside en véritable seigneur depuis qu’il a connu la consécration. Là où sont ses nombreux poulains, car Jag de Bellouet joint l’utile à l’agréable, il s’entraîne et s’aligne en compétition, entre deux saisons de monte. Il ne perd jamais son temps. Ainsi, en 2005 il comptait déjà parmi les « P » 72 ou 73 poulains, tous bais comme lui, qui lui ressemblaient beaucoup. Mais il avait aussi des poulains parmi les « O », dont 13 ou 14 avaient été débourrés par Christophe Gallier. Pour s’entraîner, pas besoin d’aller loin, il y a la plage de Lingreville, tout près de chez lui. Comme Idéal du Gazeau, Lutin d’Isigny ou Général du Pommeau, avant lui, Jag de Bellouet aime profiter de l’air marin tout en rechargeant « ses batteries ».

Mais à ses débuts, Christophe Gallier a dû se faire du souci avec Jag de Bellouet, ce grand et puissant cheval bai, qui se révèle tardif, fautif et plutôt irrégulier. Pour arrondir ses fins de mois, Christophe Gallier, alors âgé de vingt-cinq ans, doit travailler la nuit dans les abattoirs de Sainte-Cécile. Fils de Viking’s Way et d’une fille de Nicos du Vivier, Jag de Bellouet a cependant les origines qui conviennent pour faire de lui un cheval dur. C’est à l’automne 2003 qu’il commence à faire parler de lui. Il vient de terminer sa croissance à 6 ans, s’est étoffé, est devenu plus puissant, plus sage et plus sûr de lui. Il sera bientôt le champion que nous connaissons. Un champion qui a réalisé le doublé Prix de CornulierPrix d’Amérique ! Car, trotteur complet, fait pour porter l’homme, Jag de Bellouet excelle dans les deux disciplines du trot, monté et attelé.

Il accomplit un exploit en remportant le Prix de l’Atlantique d’Enghien en 1’11’’4 à l’attelage sur la distance de 2 150 mètres.

Il débute à 3 ans, en 2000, dispute neuf courses pour en remporter deux et se classer une fois deuxième. A 4 ans, en 2001, il court vingt-deux fois, gagne quatre courses, se classe trois fois deuxième et deux fois troisième. A 5 ans, en 2002, il dispute vingt épreuves, en gagne une, se classe trois fois deuxième. A 6 ans, en 2003, il court vingt et une fois, gagne quatre courses, se classe une fois deuxième, une fois troisième. A 7ans, en 2004, il s’aligne treize fois au départ, gagne onze fois, se classe une fois deuxième, une fois troisième. A 8 ans, en 2005, il dispute trois courses, gagne ses trois courses, soit 900 000 euros.

Après son triomphe dans le Prix d’Amérique 2005, il a déjà 2 876 710 € à son actif et a établi en 2004 un record de 1’10’’8.

 

Pourtant, le samedi 5 mai 2001, il est disqualifié dans le Critérium des 4 ans (2 850 m), que remporte Jasmin de Flore, devant Jain de Béval, le vainqueur du Critérium des 3 ans.

Le dimanche 2 septembre 2001, il n’est que neuvième du Critérium Continental (2 100 mètres), que remporte Abano As, devant Freiherr As, Janson d’Ailly, Jorade du Fruitier…

Le 17 novembre 2001, il se classe cinquième derrière Joe l’Amoroso, Royal Gull, Skogans Orlov, Indy de Vive, dans le Prix de Chenonceaux (2 700 m).

Le 24 novembre 2001, il est à nouveau disqualifié dans le Prix Marcel Laurent (2 175 mètres), que remporte Eller, devant Joe l’Amoroso, Royal Gull, Idas du Goutier, Jain de Béval…

Mais le 23 décembre 2001, il gagne le Prix Ariste Hémard (2 175 m), en 1’13’’7, devant Com Lear, Royal Gull, Freiherr As, Jorade du Fruitier, Joe l’Amoroso…

Le 6 janvier 2002, il se classe deuxième de Jain de Béval dans le Prix de Croix (2 700 mètres), devançant Janson d’Ailly, Jenko, Jomo du Rib, Joe l’Amoroso…

Le dimanche 13 janvier 2002, il affronte ses aînés dans le Prix de Belgique (2 700 m), que remporte Insert Gédé, devant Galopin du Ravary, Grassano, Fontaine du Poli, Général du Pommeau, Jackhammer, alors qu’il se classe dixième.

Le dimanche 27 janvier 2002, il est au départ du Prix d’Amérique (2 700 m), que remporte Varenne, après quatre faux départs, devant Général du Pommeau, Insert Gédé, Ipson de Mormal, Grassano, Hirosaka, Glissando, Flambeau des Pins, alors qu’il se montre fautif et se fait disqualifier dans le dernier tournant.

Non placé au Croisé-Laroche, quatrième à Graignes, il est ensuite disqualifié pour son retour à Vincennes à l’occasion du Prix Jockey (2 175 m), que remporte Royal Gull, devant Jasmin de Flore, Abano As, Jordan du Bézirais, Jibon Tivoli…

Il s’aligne alors au départ du Critérium des 5 ans (3 000 m), le dimanche 1er septembre 2002, mais est à nouveau disqualifié, alors que Jeanbat du Vivier s’impose devant Jasmin de Flore, Jasoda, Jalba du Pont, Joyau d’Amour, pour être finalement dépossédé de son titre suite à un contrôle positif, ce dont profite Jasmin de Flore, arrivé deuxième.

Le samedi 14 septembre, Jag de Bellouet tente alors sa chance au monté, dans le Prix de Normandie (3 000 m), mais c’est Jirella qui s’impose devant Jairo des Veys, Joyau d’Amour, James de Beaumée, Jaflosa Gédé, alors qu’il termine sixième.

Cinquième à Angers dans le Grand Prix Anjou-Maine, septième à Caen, deuxième à Laval, puis deuxième au trot monté, derrière Come Lear, pour son retour à Vincennes dans le Prix Edmond Henry (2 700 m), Jag de Bellouet s’aligne au départ du Prix de Bretagne (2 850 m), le samedi 16 novembre 2002. La victoire revient à Hypérion qui bénéficiait d’une avance de 25 mètres sur Insert Gédé, arrivé deuxième presque sur la même ligne, devançant Igor de Miennais, Gobernador, alors que Jag de Bellouet est à nouveau disqualifié.

Le dimanche 15 décembre 2002, Jag de Bellouet est au départ de la Clôture du Grand National du Trot (2 850 m), dont Insert Gédé et Général du Lupin sont les favoris. Mais Général du Lupin, qui est hongre, a fait de cette course son objectif de l’année, alors qu’Insert Gédé vise plutôt le Prix d’Amérique. Ainsi ils terminent dans cet ordre, aux deux premières places, alors que Jag de Bellouet se classe cinquième.

Arrivé seulement septième du Prix de Belgique (2 700 m), que gagne Gébrazac le dimanche 12 janvier 2003, Jag de Bellouet ne participera pas au Prix d’Amérique 2003.

Dans le Prix de la Marne (2 700 m), disputé le dimanche 2 février, Jag de Bellouet n’est que cinquième de Jalba du Pont.

Il est encore cinquième dans le Prix de Paris (4 125 m), que gagne Insert Gédé le dimanche 16 février. Le Prix de l’Union Européenne (3 000 m), remporté par Itou Jim le dimanche 23 février, nous le montre seulement huitième ; et le 1er mars, il n’est que modeste neuvième de Général du Lupin dans le Prix du Bois de Vincennes (2 700 m).

Heureusement, il gagne le Prix du Crépuscule (2 100 m) le 27 mai, en 1’11’’5 !

Or, le dimanche 13 juin 2003, dans le Prix René Ballière (2 100 m), alors qu’il est mené par Jos Verbeeck, Jag de Bellouet oblige Insert Gédé à lutter pour la victoire, que « Jag » aurait peut-être obtenue s’il ne s’était trompé dans ses allures à 50 mètres du but. Ce jour-là, Jag de Bellouet a prouvé quelque-chose, d’autant qu’Insert Gédé va payer chèrement sa victoire. En fait, sans qu’on le sache il va perdre son sceptre de roi, dont Jag de Bellouet héritera sans même s’en douter, Késaco Phédo ayant pris le relais avant lui.

Il faut dire que Jag de Bellouet prend son temps avant de s’affirmer. Ainsi à Enghien, dans le Prix de New York (2 150 m), que remporte Ipson de Mormal, le 26 juin, il est à nouveau disqualifié. Il fait un peu mieux dans le Prix de Washington (2 150 m), toujours à Enghien, se classant troisième, alors que Général du Lupin prend sa revanche sur Ipson de Mormal, inversant ainsi l’ordre d’arrivée de la course précédente en ce dimanche 6 juillet.

Il y a du beau monde à Enghien le samedi 26 juillet dans le Prix d’Europe (2 875 m), puisqu’il a retenu la participation de Général du Pommeau, Général du Lupin, Ipson de Mormal et Késaco Phédo, avec Jean-Michel Bazire, son entraîneur, à son sulky. Ils viennent de gagner le Prix de la Manche (2 875 m) et sont favoris. La victoire sourit pourtant à Général du Lupin, qui prend sa revanche sur Késaco Phédo, deuxième, qui l’avait battu à départ égal dans le Prix de la Manche, alors que Jag de Bellouet n’est que septième.

Arrive l’automne 2003, celui de la révélation pour Jag de Bellouet.

Jag de Bellouet monté par Matthieu Abrivard

Jag de Bellouet monté par Matthieu Abrivard

Matthieu Abrivard

Matthieu Abrivard

Le 28 septembre, il se classe deuxième d’Idalo au monté dans le Prix Georges Dreux disputé à Vincennes sur 2 700 mètres, alors qu’il devance le bon Itou Jim. Puis il gagne le Prix Reynolds (2 200 m) toujours au monté, le 24 octobre, en 1’15’’2, devant Criks Hurricane, Itou Jim, Jomo du Rib, Gitan de Coquerie, Jerka de Janeiro… Il gagne aussi à l’attelage le 6 novembre dans le Prix des Cévennes (2 700 m), en 1’13’’6, devant Alesi OM, Holographie, Jalba du Pont… Il n’est que cinquième du Prix du Bourbonnais (2700 mètres), que gagne Holographie le samedi 6 décembre, mais il ne va pas tarder à se racheter.

Alors qu’on apprend qu’Insert Gédé, souffrant d’une tendinite, ne courra pas de l’hiver, il s’aligne au monté dans le Prix Jules Lemonnier (2 700 m), avec pour jockey le tout jeune Matthieu Abrivard, âgé de dix-huit ans, le samedi 20 décembre. C’est un duo qui fait mouche, comme dans le Prix Reynolds. Trottant sur le pied de 1’16’’, Jag de Bellouet s’impose devant Iboraqui, Jirella, Kepler, Jéodésie, Idéal de l’Iton…

Mais dans le Prix de Bourgogne couru à l’attelage sur 2 100 mètres, le 28 décembre 2003, Jag de Bellouet est battu par Késaco Phédo, Ilster d’Espiens et Holographie. Il paraît clair qu’il est meilleur au monté à cette époque. Il laisse donc la voie libre au jeune « Késaco » pour l’autre spécialité pourtant plus estimée.

Toujours monté par Matthieu Abrivard, Jag de Bellouet va connaître la consécration le dimanche 18 janvier 2004, à l’occasion du Prix de Cornulier (2 700 m), dont il part favori.

Ce jour-là, Jag de Bellouet surclasse ses adversaires, s’imposant de loin, dans la réduction kilométrique de 1’14’’5, alors que le jeune Latinus, un « 5 ans », prend à distance une probante deuxième place en 1’15’’3, devant Jirella, Joyau d’Amour, le tenant du titre, Idalo, Iatka Bocain… En trottant sur le pied de 1’14’’5, Jag de Bellouet a aussi battu le record détenu par Joyau d’Amour en 1’15’’1, lors de sa victoire de l’an passé. C’est aussi le triomphe de la jeunesse avec le jockey Matthieu Abrivard, qui remporte son premier Prix de Cornulier à l’âge de 18 ans, Christophe Gallier, vainqueur en tant qu’entraîneur à 28 ans.

La façon dont il a dominé ses dix-neuf adversaires laisse à penser que Jag de Bellouet, s’il part bien, sera très dangereux dimanche prochain dans le Prix d’Amérique, dont il fait désormais partie des favoris avec Késaco Phédo, Naglo et Abano As.

Malheureusement, le dimanche 25 janvier 2004, dans le Prix d’Amérique (2 700 m), il rate complètement son départ, perdant près de 75 mètres, mais accomplit un exploit en revenant prendre la troisième place, en 1’12’’5, derrière Késaco Phédo et Abano As, alors que Naglo se classe quatrième devant Général du Pommeau, Gigant Neo, Ilster d’Espiens…

Le dimanche 8 février, dans le Prix de France (2 100 m) avec départ à l’autostart, il ne lui a pas manqué grand-chose pour battre Naglo, premier dans le temps record de 1’10’’7, dont il se classe second tout près en 1’10’’8, alors que le troisième, Alesi OM fait afficher 1’11’’2, Ilster d’Espiens 1’11’’5, et que Késaco Phédo, malchanceux, est disqualifié.

C’est sûr maintenant, Jag de Bellouet fait partie de nos meilleurs trotteurs dans les deux spécialités. D’ailleurs, il part favori du Prix de Paris (4 125 m), le dimanche 15 février 2004. Drivé par son jeune entraîneur, Christophe Gallier, il justifie pleinement son rôle en s’imposant avec désinvolture, en 1’15’’, devant Jalba du Pont et Isis Brennoise.

C’est ainsi qu’il conclut son meeting d’hiver en beauté.

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

Jag de Bellouet et Christophe Gallier

On pense alors que Jag de Bellouet est le numéro 2 des trotteurs français derrière son cadet Késaco Phédo, qui reste d’ailleurs sur sa brillante victoire dans le Grand Critérium de Vitesse de Cagnes. Mais le samedi 17 avril 2004, à Enghien, le Prix de l’Atlantique (2150 mètres), qui se présente comme un duel au sommet entre ces deux champions, Késaco Phédo et Jag de Bellouet, va nous faire changer d’avis. Ce jour-là, drivé par Jos Verbeeck, Jag de Bellouet ridiculise Késaco Phédo, en le battant avec une supériorité écrasante, qui ne laisse aucune contestation possible. En trottant sur le pied de 1’13’’1, Jag de Bellouet égale le troisième meilleur temps établi par Fan Idole en 2002, laissant à Insert Gédé son record de 1’12’’8, tandis que Késaco Phédo conclut à la deuxième place, à distance, en 1’13’’3, devant Love You, 1’13’’5, Ilster d’Espiens, Jaminska, Daguet Rapide, Lazio du Bourg…

Ce jour-là, Jag de Bellouet a vraiment pris une autre dimension.

Il se permet alors un déplacement de formalité à Argentan, avec le Critérium de Vitesse de Basse-Normandie (1 609 m), qu’il signe en 1’11’’1, pour battre ses 14 adversaires, le 25 avril.

Le samedi 15 mai, monté par Matthieu Abrivard, il remporte le Prix Guillaume de Bellaigue (2850 m), en 1’16’’4, devant Hélios d’un Soir, Jerka de Janeiro…

Le dimanche 20 juin, drivé par Christophe Gallier, il s’aligne en grandissime favori derrière l’autostart du Prix René Ballière (2 100 m), qu’il remporte avec une écrasante supériorité, en 1’10’’8, égalant ainsi l’ancien record de la piste établi par Varenne, alors qu’il était seul en tête, Ilster d’Espiens se classant deuxième à environ huit longueurs, en 1’11’’3, devant Daguet Rapide, Holographie, Lazio du Bourg, Jeanbat du Vivier…

Il faut dire qu’il n’a plus personne à battre : après Insert Gédé déjà hors course, il semble qu’il ait aussi laissé Késaco Phédo, deux fois disqualifié en Scandinavie, sur la touche !

On le revoit en soirée à Vincennes, le 22 octobre, pour renouveler sa victoire au trot monté dans le Prix Reynolds (2 200 m), qu’il gagne en 1’14’’2, devant Isn’T It Pacha.

Il retrouve Késaco Phédo à Vincennes à l’occasion du Prix de Bretagne (2 850 m).

C’est le samedi 20 novembre que se dispute la première épreuve préparatoire au Prix d’Amérique. Jag de Bellouet est bien sûr préféré à son rival qui n’a plus couru depuis ses échecs scandinaves : disqualifié dans le Grand Prix d’Oslo, puis dans une épreuve éliminatoire de l’Elitloppet à Solvalla, cette fois dès le départ.

Placée au premier échelon de départ, Jaminska, la meilleure jument de Vincennes a un bel engagement. Jag de Bellouet est toutefois le favori et il justifie parfaitement son rôle, malgré le petit Super Light, un trotteur suédois minuscule, qui se montre extraordinaire de courage, pour finalement conclure à la deuxième place devant Jaminska, Hélia Barbès, Jardy, Lazio du Bourg, Migraine, Igor de Miennais, Giant Superman, Ipson de Mormal, alors que Jag de Bellouet, avec son rendement de 25 mètres, s’impose dans le temps fabuleux de 1’13’’5 sur la distance de 2875 mètres ! Il frappe fort d’entrée, en annonçant déjà la couleur…

Le samedi 11 décembre, Jag de Bellouet est au départ du Prix du Bourbonnais (2 700 m) et cette fois il fait l’unanimité, car tout le monde a vu qu’il pouvait rendre la distance. Il ne déçoit pas, s’imposant comme il a voulu, en 1’14’’, devant la bonne Jaminska, Ilster d’Espiens, Hypérion, Scarlet Knight, qui surprend, car bien que tirant comme un treuil, suivant sa mauvaise habitude, il est allé au bout malgré son handicap de 25 mètres.

Le dimanche 19 décembre 2004, à Vincennes, Kazire de Guez, le héros du Grand National du Trot 2004, que drive son entraîneur Jean-Michel Bazire, triomphe cette fois dans la Clôture du Grand National du Trot (2 850 m), battant de loin le grand favori Général du Lupin, en 1’14’’1, ce qui va faire de lui l’un des préférés du prochain Prix d’Amérique, d’autant qu’il ne va pas tarder à confirmer dans le Prix de Belgique.

Le samedi 25 décembre, Jag de Bellouet remporte sa dixième victoire consécutive, cette fois au monté, dans le Prix Jules Lemonnier (2 850 m), dont il était le tenant du titre, mais cette année avec 25 mètres de handicap sur Kart de Baudrairie, son plus dangereux adversaire. Il a trotté en 1’15’’4 pour battre Criks Hurricane, Jeff du Fruitier, Iboraqui…

Le dimanche 26 décembre, le Critérium Continental (2 100 m) s’est couru pour la première fois en hiver, avec droit pour le gagnant de s’aligner au départ du Prix d’Amérique quelque soient ses gains. On a pu ainsi assister à la victoire d’un champion, Opal Viking, un trotteur suédois âgé de 4 ans, qui s’est imposé dans un style impressionnant, sur le pied de 1’13’’1, alors que Memphis du Rib se classait troisième.

Nathalie Henry

Nathalie Henry

Jag de Bellouet remporte le Prix de Cornulier 2005

Jag de Bellouet remporte le Prix de Cornulier 2005

Jag de Bellouet remporte le Prix d'Amérique 2005

Jag de Bellouet remporte le Prix d'Amérique 2005

Le dimanche 2 janvier 2005, Jag de Bellouet et Késaco Phédo sont tous les deux au départ du Prix de Bourgogne (2 100 m), avec également Ilster d’Espiens, Jaminska, Scarlet Knight, Gigant Neo, et aussi Ipson de Mormal, dont ce sera la dernière course.

Jag de Bellouet a pu remporter ainsi sa première victoire de l’année et la onzième consécutive, malgré les vains efforts de la bonne Jaminska, deuxième, Civil Action, inattendu troisième, Gigant Neo, Scarlet Knight, Ilster d’Espiens, qui finissaient dans cet ordre, à distance du vainqueur inapprochable avec sa réduction de 1’11’’7.

Késaco Phédo lui s’est montré fautif et a été disqualifié.

En remportant le Prix de l’Ile-de-France (2 100 m), Västerbo Daylight, une jument suédoise, montée par la jeune et brillante cavalière Nathalie Henry, a établi le record général du trot monté en 1’12’’5 ! Pour ses débuts au monté, Ilster d’Espiens s’est classé deuxième.

Le dimanche 16 janvier 2005, Jag de Bellouet n’est pas au départ du dernier test préparatoire au Prix d’Amérique, le Prix de Belgique (2 700 m). Avec ses deux pensionnaires, Késaco Phédo, de l’écurie Wildenstein, et Kazire de Guez, appartenant à René Guezille et confié à Stéphane Delasalle, Jean-Michel Bazire paraît bien armé pour l’emporter, du moins en tant qu’entraîneur, malgré le retour de Naglo, qu’on sait en petite forme suite à des problèmes de santé. Or, Kazire de Guez l’emporte sûrement, en 1’13’’3, devant le bon et beau Kallighan, Super Light, Gigant Neo, Késaco Phédo, Infant du Bossis…

Par cette probante victoire, Kazire de Guez peut être préféré à Késaco Phédo en devenant le second favori du Prix d’Amérique, juste après Jag de Bellouet.

Le dimanche 23 janvier 2005, Jag de Bellouet, toujours monté par Matthieu Abrivard, est fin prêt pour le doublé dans le Prix de Cornulier (2 700 m). Mais Scarlet Knight, cet ancien vainqueur de l’Hambletonian, tente un surprenant challenge, sous la monte de la jeune, jolie et brillante Nathalie Henry, en s’alignant au départ pour la première fois au trot monté, face au champion français. Ilster d’Espiens compte aussi parmi les chevaux en vue après sa deuxième place derrière Västerbo Daylight dans le Prix de l’Ile-de-France, pour sa première tentative dans la spécialité. Jag de Bellouet, une fois de plus, se montre à la hauteur de sa tâche, en l’emportant pratiquement de bout en bout, sur le pied de 1’13’’9. Mais c’est l’américain de Suède Scarlet Knight qui surprend en venant finir comme un bolide à la deuxième place, en 1’14’’1. Nathalie Henry a eu l’intelligence de le maintenir caché, avant de surgir à temps pour placer sa pointe de vitesse finale. Ainsi il a pu devancer Ilster d’Espiens, bon troisième en 1’14’’2, devant Igor de Miennais, Ludo de Castelle, Le Big Boss, Energetic, Idalo, Latinus, Instant Gédé, Idéal de l’Iton…

A noter les bonnes prestations des novices dans la spécialité : Scarlet Knight (deuxième), Ilster d’Espiens (troisième), Igor de Miennais (quatrième), Energetic (septième).

Quant à Jag de Bellouet, il a brillamment réussi son doublé du « Cornulier ». Il ne lui reste plus qu’à gagner le Prix d’Amérique dimanche prochain pour rejoindre dans la légende : Venutar (1949), Masina (1961), Tidalium Pélo (1972) et Bellino II (1975 et 1976), les quatre trotteurs à avoir réalisé la même année le doublé Prix de CornulierPrix d’Amérique.

Enfin, le dimanche 30 janvier 2005, Jag de Bellouet, mené par Christophe Gallier son jeune entraîneur, est au départ du Prix d’Amérique (2 700 m), avec la position de grandissime favori, devant Kazire de Guez, Késaco Phédo, Scarlet Knight, Gigant Neo, Jaminska, Ilster d’Espiens et Naglo. Une surprise de dernière minute : la participation de Jos Verbeeck, qui en principe n’avait pas de cheval à driver cette année, au sulky de Scarlet Knight.

Il y a encore 18 partants au départ : Super Light, Jalba du Pont, Alesi OM, Energetic, Infant du Bossis, Lazio du Bourg, Memphis du Rib, Joyau d’Amour, Civil Action et Hilda Zonett complétant le lot. Cette course aurait pu se résumer au triomphe très attendu du favori Jag de Bellouet. Mais elle a été marquée peu après le départ par un incident tragique et rarissime : Jaminska, la meilleure jument de Vincennes, s’est fracturé le paturon de l’antérieur droit, provoquant un accrochage avec Jalba du Pont, autre bonne jument, qui se mettait à la faute, gênant à son tour Kazire de Guez. Celui-ci, ne pouvant l’éviter, se retrouvait bientôt hors de course. Peu après le départ, deux des favoris étaient déjà éliminés. En tête, Jag de Bellouet, impressionnant de puissance et d’aisance, s’envolait vers la gloire, pour finalement franchir en vainqueur le poteau d’arrivée, égalant en 1’12’’6 l’ancien record établi par Général du Pommeau lors de sa victoire en 2000. Gigant Neo était un bon deuxième en 1’12’’8, devant Ilster d’Espiens troisième en 1’13’’ et en résistant à l’attaque d’Hilda Zonett 1’13’’ également, Civil Action 1’13’’1, Super Light 1’13’’6, Joyau d’Amour 1’13’’8, puis Alesi OM 1’14’’, Naglo 1’14’’1, Scarlet Knight, Infant du Bossis, Memphis du Rib, Kazire de Guez, revenu de loin après ses malheurs, alors que Jalba du Pont avait été arrêtée, comme la malheureuse Jaminska accidentée. Energetic, Lazio du Bourg et Késaco Phédo étaient disqualifiés. Ce dernier peu après le dernier virage, alors qu’il tentait de se mêler à la lutte pour une place. Jag de Bellouet nous laissait sur une formidable impression. Il venait de réussir de façon magistrale l’héroïque et historique doublé Prix de CornulierPrix d’Amérique, qui n’avait plus été réalisé depuis Bellino II en 1976, mais qu’il avait lui-même déjà réussi en 1975, après Tidalium Pélo en 1972, Masina en 1961 et Venutar en 1949.

Quant à Christophe Gallier, il a su parfaitement mener son cheval à la victoire, évitant le piège tendu par Jos Verbeeck au sulky de Scarlet Knight ; il attendait qu’il passe devant lui pour prendre sa roue. Mais Christophe Gallier l’a laissé mener, sachant bien que Scarlet Knight se retrouverait bientôt sans ressource. Il gagnait ainsi le Prix d’Amérique, la plus grande course de trot en Europe, alors qu’il ne comptait, dans toute sa carrière, qu’une cinquantaine de victoires. Pour comparaison, Jean-Michel Bazire, son rival dans la course, gagne entre 200 et 300 courses par an !

Jaminska elle a été platrée, puis on l’a embarquée tant bien que mal dans son van car elle souffrait, avant de la diriger d’urgence vers la clinique vétérinaire de Grosbois pour y être opérée. Elle sera sauvée, mais ne verra plus jamais un hippodrome, laissant Pierre Levesque, son entraîneur, et Michel Gozlan, son propriétaire, partagés entre la tristesse d’avoir perdu la meilleure jument de Vincennes, et l’espoir de la revoir un jour prochain au haras en tant que poulinière. On lui souhaite de nous donner beaucoup de champions à son image, ou à celle de Jamin, son ancêtre, à qui elle doit son nom de Jaminska.

Jaminska et Pierre Levesque (http://Jaminska : http://jaminska.trotteuse)

Jaminska et Pierre Levesque (http://Jaminska : http://jaminska.trotteuse)

 

Dans le Prix du Calvados (2 175 m), le dimanche 7 février, l’étonnante Västerbo Daylight a abaissé son record au trot monté à 1’11’’1 ! 

Le dimanche 13 février 2005 à Vincennes se court le Prix de France (2 100 m) dans lequel Jag de Bellouet va vivre l’un de ses pires cauchemars. D’abord, il a tiré le numéro 1 derrière l’autostart, l’obligeant à partir à la corde, là où la pluie a rendu la piste très fouillante. Or, il est pris de vitesse au départ par Civil Action, un cheval trop modeste pour l’emmener loin, si bien que le piège se referme sur lui. Il se retrouve bloqué dans la «boîte» durant tout le parcours, sans pouvoir s’échapper ni évoluer à son rythme. A cent mètres de l’arrivée, il tente de se sauver, mais heurte le sulky d’Ilster d’Espiens, se fâche, galope et est disqualifié ! C’est alors que Naglo, le tenant du titre, se ressaisit juste à temps pour renouveler en un sprint décisif sa victoire de l’an dernier alors qu’on ne l’attendait plus à pareille fête. Ilster d’Espiens se classe deuxième devant Kazire de Guez et Gigant Neo.

Le dimanche 20 février, Jag de Bellouet est au départ du Prix de Paris (4 125 mètres) avec un désir de revanche. Mais il commence à être fatigué et son moral de vainqueur est resté marqué par la mauvaise farce qu’on lui a jouée dans le Prix de France. Or, il doit rendre 25 mètres à tous ses adversaires, dont un certain Jardy, qui a été préparé spécialement pour gagner cette course. Ancien classique au trot monté dans sa jeunesse, il affectionne les longues distances et se montre toujours redoutable lorsqu’il y a peu de partants, ce qui est le cas aujourd’hui. Malgré le retour courageux de Jag de Bellouet, il va le tenir en respect et remporter ce Prix de Paris pratiquement de bout en bout. « Jag » termine deuxième tout près, en 1’14’’4.

Jag de Bellouet renoue avec la victoire le 9 avril à Vincennes dans le Prix Théophile Lallouet (2 850 m) au trot monté, qu’il remporte en 1’15’4, devant King Prestige et Ice Speed.

Le samedi 23 avril 2005, il est à Enghien, au départ du Prix de l’Atlantique (2 150 mètres) dans lequel il retrouve Jardy et affronte pour la première fois Västerbo Daylight, qui reste sur ses victoires à Cagnes dans le Grand Critérium de Vitesse et à Beaumont-de-Lomagne dans le Grand Prix du Sud-Ouest. Mais Jag de Bellouet est dans une forme éblouissante et il a retrouvé son moral de vainqueur. Il réalise un exploit en établissant le record de 1’11’’4 pour s’imposer loin devant tous ses rivaux, prenant ainsi sa revanche sur Jardy, deuxième, devant Västerbo Daylight, Likable River, Keed Tivoli, Joyau d’Amour, Kuza Viva…

On le savait déjà, mais on en est maintenant convaincu : Jag de Bellouet, qui signe un nouveau doublé, est bien un champion de la trempe de Varenne, Ourasi et Bellino II. Comme eux il règne sur le trot français, il domine de la même façon. Il fait vraiment exploser le chronomètre à Vincennes, le 19 juin 2005, jour du Prix René Ballière (2 100 mètres) : a-t-il réalisé 1’10’’2, 1’9’’6 ou 1’8’’2 ? Ce qui ferait de lui le trotteur le plus rapide de tous les temps !

 

L’histoire de Jag de Bellouet ne s’arrête pas là ; le samedi 19 novembre 2005, jour du Prix de Bretagne, il est de retour à Vincennes avec 25 mètres de handicap dans cette première épreuve préparatoire au Prix d’Amérique. Beaucoup moins prêt que l’an passé dans cette même course, comme le précisait son entraîneur avant la course, il se contente d’une quatrième place, mais est tout de même à l’honneur ce jour-là, car la dernière épreuve de la réunion, la neuvième, le Prix de Guérande, est remporté de façon impressionnante par un certain Opus Viervil, que présente son jeune entraîneur Christophe Gallier en personne. Or le père de cet Opus Viervil n’est autre que Jag de Bellouet lui-même !

Le dimanche 22 janvier 2006, Jag de Bellouet, monté par Matthieu Abrivard, remet les pendules à l’heure dans le Prix de Cornulier, qu’il remporte pour la troisième fois consécutive, tout en battant son propre record pour la seconde fois. Or, c’est la première fois qu’un trotteur s’impose trois années de suite dans cette grande épreuve depuis Souarus, vainqueur en 1946, 1947, 1948.

Voulant faire honneur à son père, 30 minutes plus tard, Opus Viervil, mené par Christophe Gallier, remporte comme en se jouant le Prix de Valence.

Une semaine plus tard, le dimanche 29 janvier 2006, Jag de Bellouet s’impose à nouveau dans le Prix d’Amérique, réalisant par deux fois de suite, le doublé Prix de CornulierPrix d’Amérique, comme seul Bellino II avant lui. Il confirmera en gagnant aussi le Prix de France, mais cette fois à la lutte contre Gigant Neo, devenu son plus redoutable adversaire à l’attelé. La suite de son histoire est beaucoup moins belle puisqu’on la croirait écrite par les « briseurs de rêves ». D’abord, Jag de Bellouet va se voir destituer de sa victoire dans le Prix d’Amérique 2006 suite à un contrôle positif.

Les Suédois accordent à Jag de Bellouet le droit de redorer son blason en participant à l’Elitloppet. Christophe Gallier relève le défi. C’est du délire ! Non seulement, « Jag » s’impose en vainqueur de la finale, mais il pulvérise le record de la course. Le public scandinave impressionné l’acclame à tout rompre. Or, quelques jours plus tard, nouveau coup de tonnerre, Jag de Bellouet est disqualifié de l’Elitloppet, suite à un nouveau contrôle positif ! Cette fois on y croit plus, Jag de Bellouet est banni de la gloire, banni de nos cœurs !

Dommage !

Jag de Bellouet remporte le Prix de l'Atlantique 2005 en temps record, devant Jardy et Västerbo Daylight

Jag de Bellouet remporte le Prix de l'Atlantique 2005 en temps record, devant Jardy et Västerbo Daylight

Jag de Bellouet Prix d'Amérique 2005

Jardy

Jardy

Joyau d'Amour

Joyau d'Amour

Scarlet Knight

Scarlet Knight

Gigant Neo

Gigant Neo

Hilda Zonett

Hilda Zonett

Naglo

Naglo

Västerbo Daylight

Västerbo Daylight

Juliano Star

Juliano Star

Energetic

Energetic

Jag de Bellouet a rejoint Souarus, Gardon, Bellino II et Kaiser Trot dans la légende en gagnant trois Prix de Cornulier, mais comme Souarus, il les a gagnés trois fois de suite !

Jag de Bellouet a rejoint Souarus, Gardon, Bellino II et Kaiser Trot dans la légende en gagnant trois Prix de Cornulier, mais comme Souarus, il les a gagnés trois fois de suite !

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commentaires

C
Pour moi, Jag de Bellouet a gagné toutes ces courses qu'on lui a volé ! Dans mon coeur, et ceux malgré "mes idoles" bien sûr indétrônables ^^, II est pour moi le meilleur trotteur Français après Ourasi ... ;)
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F
A cette liste, je peux ajouter Timoko, Ready Cash, Meaulnes du Corta, Insert Gédé, Ténor de Baune ; et aussi Poroto, Olympio de Corseul ! FA. Francis Annocque
F
C'est bien de défendre Jag de Bellouet. On a tous ses préférés. Moi j'aimais Ourasi, Jorky, Lurabo, mais aussi Varenne, Mack Lobell, Idéal du Gazeau, Jiosco, Hadol du Vivier, Eléazar et Bellino II bien sûr. FA