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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 19:06

 

 

Les champions trotteurs de légende en France

 

04 - Les années 1970

 

 

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Tabriz et Pierre Giffard

 

 

 

Parce que la génération des « S » fut si pauvre, celle des « T » s’avéra exceptionnelle, avec quatre authentiques champions, quatre cracks ; « les quatre as » : Tabriz, Tidalium Pélo, Tony M et Toscan, sans parler d’un cinquième, Tiki R, qui les valait bien, mais fut malheureusement blessé à quatre ans, et vit sa carrière de courses définitivement interrompue. Une course suffit à les situer, le Prix d’Amérique 1970, dans lequel ils prirent les quatre premières places !

 

 

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Tabriz monté par Pierre Giffard

 

 

 

Tabriz

 

Tabriz est le meilleur cheval qu’ait produit le célèbre haras des Rouges Terres depuis Jamin. Poulain précoce, il s’avéra bon dans les deux spécialités du trot (monté et attelé), mais comme il était barré par Toscan à l’attelage, on l’orienta vers le monté où il y avait une place à prendre. Il devint aussitôt le meilleur de sa génération dans cette spécialité, remportant tous les classiques du genre : Prix de Vincennes, Prix du Président de la République, Prix de Normandie, Prix des Centaures, pour finir en apothéose avec l’épreuve reine, le Prix de Cornulier, qu’il gagna deux fois consécutivement. (Tidalium Pélo et Sole Mio B l’avaient cependant précédé dans le Prix des Elites, en 1967, ainsi qu’Uvien en 1968). Mais il gagna le Prix de l’Ile de France. Il devait terminer sa carrière par une victoire à l’attelage dans le Grand Prix d’Hiver de Sterrebeek, la plus belle course du calendrier belge.

Lorsqu’il rentra au haras avec 2 330 240 F de gains, il était le plus riche des étalons stationnés en France, détrônant ainsi le célèbre Oscar RL.

On peut rappeler qu’il fut aussi troisième et quatrième dans le Prix d’Amérique, qu’il occupa des places d’honneur dans le Prix de Paris (troisième), le Prix de Sélection (troisième), le Critérium des 3 ans (deuxième), le Prix René Ballière (deuxième), le Prix de l’Etoile (troisième), le Prix du Bourbonnais (deux fois troisième)…

 

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Tabriz et Jean Riaud

 

 

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Tiki R en pleine action

 

 

Tiki R

 

Tiki R avait mis fin à l’invincibilité de Toscan en remportant un Critérium Continental demeuré dans les mémoires : c’était en 1967 ; il s’imposait devant Toscan et Tony M, alors les deux meilleurs à l’attelage. (Toscan s’était fait mal en voulant lui résister). Tiki R s’était déjà fait remarquer en prenant une troisième place derrière Tabriz et Tidalium Pélo, au monté, dans le classique Prix du Président de la République.

Il devait aussi gagner le Prix de l’Etoile 1967, devant Unadeux et Toscan. Il était déjà troisième de Toscan dans le Prix Jules Thibault, avant de gagner le Prix Guy Le Gonidec, devant Thétis IV et Thalie IV, mais se classait troisième de Tony M, derrière Thétis IV dans le Prix Octave Douesnel.

Il fut également deuxième de Tony M, devant Seigneur, dans le Prix Marcel Laurent 1967.

Accidenté en pleine gloire, il laissait le souvenir d’un trotteur particulièrement combatif.

 

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Tony M et Léopold Verroken

 

 

 

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Tony M au haras

 

 

 

Tony M

 

Tony M fut le premier chef-d’œuvre « concocté » par Léopold Verroken, ce grand professionnel originaire du nord de la France, mais aussi de Belgique par ses ancêtres, qui tenait un bar P.M.U. à Arras, et fut à la fois le rival et l’ami de Jean-René Gougeon. Avec de grands champions comme Tony M, Eléazar et Jorky, il nous offrit de superbes duels contre les cracks de légende que furent tour à tour Toscan, Une de Mai, Tidalium Pélo, Bellino II, Hadol du Vivier, Idéal du Gazeau, Ianthin, Iris de Vandel… Il fut aussi le brillant entraîneur de Vourasie, la sœur d’Ourasi, que menait en courses Bernard Oger, l’ancien lad d’Eléazar et de Jorky, et le bras droit de Léopold Verroken.

Tony M lui n’eut pas vraiment de chance, puisqu’il était né la même année que Toscan et Tidalium Pélo, un an seulement avant Une de Mai et Upsalin, et deux ans avant Vanina B. A cette époque, on le voit, les champions ne manquaient pas. Comme Oscar RL avant lui, il cumula les places d’honneur, notamment dans le Prix d’Amérique (2e en 1968, 1970 et 1973, 4e en 1971 et 1972). Deuxième du Prix de France en 1971 et 1972, il put cependant le remporter en 1973, année où il battait Une de Mai et Bill D. Deuxième et troisième du Prix de Paris en 1969 et 1971, il le gagna enfin en 1972. La persévérance finit toujours par payer.

Il gagna aussi le Prix René Ballière 1971, devant Some Fire et Eileen Eden, le Prix d’Eté la même année, et le Prix de l’Atlantique 1970, devant Une de Mai, qui l’avait battu à Cagnes, dans le Grand Critérium de Vitesse. Il gagna aussi le Prix des Meilleurs, à Munich, devant Eileen Eden, une course qui réussissait bien à Léopold Verroken, puisqu’il devait la gagner avec Arménie en 1973, Eléazar en 1976, et Jorky en 1980, 1981 et 1982.

Tony M fut aussi deuxième de la championne Fresh Yankee, à Solvalla, dans la finale de l’Elitloppet, troisième d’Une de Mai à Milan, dans le Grand Prix de la Foire 1970, deuxième d’Agaunar, à Rome, dans le Grand Prix du Lido di Roma.

Déjà dans sa jeunesse, il avait été le dauphin de Toscan dans les Prix Phaëton et de Tonnac-Villeneuve, le Critérium des 4 ans, et il se classait troisième derrière Tiki R et Toscan dans ce fameux Critérium Continental déjà évoqué. Il devait aussi gagner le Prix Octave Douesnel 1967, devant Thétis IV et Tiki R, le Prix de Croix 1968, devant la même Thétis IV. Il gagna le Prix Jockey, s’intercala entre Ténébreuse D et Toscan dans le Critérium des 5 ans, avant de remporter le Prix de Bretagne, devant Quérido II, en fin d’année 1968.

 

Tony M rp

Tony M et Richard Krüger

 

 

 

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Tidalium Pélo, par Jidalium et Hase Williams, aussi bon au trot monté qu’au trot attelé, remporta deux fois le Prix de Cornulier et deux fois le Prix d’Amérique, mais il gagna aussi en Suède, en Allemagne, en Italie, et fut battu de peu aux Etats-Unis.

 

 

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Tidalium Pélo et Jean Mary

 

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Tidalium Pélo remporte le Prix d’Amérique 1971, en temps record, devant Vanina B, Une de Mai et Tony M

 

       

 

Tidalium Pélo

 

Tidalium Pélo, surnommé le « diable noir », fut un trotteur hors du commun, d’autant qu’il était sans cesse confronté à d’authentiques champions comme ses camarades de promotion Tabriz, Tony M, Toscan ou ses cadets Une de Mai, Upsalin, Vanina B, sans oublier les étrangers Dart Hanover, Eileen Eden, Fresh Yankee, Simmerl… Ce qui ne l’empêcha pas de remporter 35 victoires, et 4 111 557 F de gains en courses.

Barré dans ses jeunes années par Tabriz au monté, Toscan, Tony M ou Tiki R à l’attelé, il se révéla assez tard au plus haut niveau, pour finalement s’avérer aussi bon dans les deux spécialités comme le prouve son étonnant palmarès : le Prix d’Amérique (2 fois), le Prix de Cornulier (2 fois), le Prix de France (2 fois), le Prix des Centaures (2 fois), l’Elitloppet de Solvalla, le Grand Prix de Bavière et le Prix des Meilleurs à Munich, le Grand Prix d’Allemagne à Hambourg, le Prix de la Côte d’Azur à Turin comptent parmi ses victoires.

Trotteur étonnamment complet, il pouvait briller aussi bien sur piste plate dans des courses de vitesse pure (Elitloppet) que dans des courses de trot monté sur longue distance.

Dans le Championnat du Monde (Roosevelt International Trot), à New York, il ne fut battu que d’un nez par la jument canadienne Fresh Yankee.

Mais Tidalium Pélo était aussi un champion doué d’une résistance à toute épreuve ; ainsi s’il mourut à l’âge très avancé pour un cheval de 30 ans (soit près de 100 ans pour un homme), c’est qu’il fut le seul rescapé d’un tragique incident survenu en Italie.

Le train qui le ramenait de Naples, après un interminable voyage, se trouva bloqué dans les Alpes. Privés de chauffage, d’eau et de nourriture, les chevaux étaient condamnés à mourir, comme ce fut le cas pour Roc Wilkes, compagnon de voyage de Tidalium Pélo. Mais « Tidalium » lui résista au froid, à la fatigue, à la faim et la soif pour se rétablir si bien, qu’il remporta peu après le Championnat Européen (Prix René Ballière), devant Tabriz, Tony M, Upsalin, Une de Mai et Toscan ! Excusez du peu.

 

On pouvait penser que les femelles étaient plus fortes que les mâles, chez les trotteurs du moins, à force d’entendre parler des exploits de Masina, Ozo, Roquépine, quand se révéla enfin, un peu après Toscan, le « géant » Tidalium Pélo (1,73 m au garrot). Comme il était noir et qu’il faisait peur à tous ses adversaires, on l’avait surnommé « le diable noir ».

 

Comme Venutar en 1949 et Masina en 1961, il devait lui aussi réussir le doublé légendaire : Prix de CornulierPrix d’Amérique, en 1972.

Tidalium Pélo serait d’ailleurs resté dans toutes les mémoires comme le plus prestigieux des trotteurs mâles depuis Jamin, si un autre étalon, Bellino II, n’avait fait mieux depuis.

Dès sa naissance, une nuit de printemps 1963, Tidalium Pélo étonna son propriétaire, Monsieur Roger Lemarié, par sa haute silhouette dégingandée, la longueur étonnante de ses jambes, et sa force physique ; il était déjà debout, prêt à courir, un quart d’heure après avoir vu le jour. « S’il ne lui arrive rien, celui-là fera parler de lui », s’était dit, pas tout à fait dans ces termes, l’homme au coup d’œil exercé. Il lui faut un partenaire pour le mener en courses, ce choix se porte sur Jean Mary, qui s’était déjà distingué à maintes reprises comme jockey, notamment avec un certain Gardon, un cheval difficile. Jean Mary et « Tidalium » formeront un tandem légendaire à Vincennes, aussi bien au trot monté qu’à l’attelage.

Mais Tidalium Pélo est un « tardif », Claude Giffard le sait et lui préfère Tabriz dans le Prix du Président de la République. C’est alors qu’on le confie à Jean Mary, en juin 1967. Celui-ci le teste et le trouve encore un peu tendre. Il ne se trompe pas, comme tous les grands chevaux, Tidalium Pélo n’est pas précoce : il manque encore de force et se fait battre par Tabriz, que monte Claude Giffard, mais devance le bon Tiki R. Cette performance est déjà prometteuse. Mais ce diable de cheval a aussi révélé son point faible : ses jambes fragiles, qui l’obligeront à courir avec des bandages blancs. Lui qui est noir, et déjà si grand, il devient facile à repérer dans un peloton. En raison de ses problèmes de jambes, Tidalium Pélo sera ménagé et courra assez peu, mais souvent à bon escient.

En 1967, durant l’été, il s’impose déjà au monté, dans le classique Prix des Elites, devant Sole Mio B et Tabriz, cette fois bien battu.

En 1968, il gagne un autre classique, le Prix des Centaures, devant Unifrance et Tessa II. En 1969, il gagne le Prix de France, en 1’17’’8, devant Une de Mai et Roquépine. Il gagne son deuxième Prix des Centaures, devant Ura et Tabriz.

Une de Mai prend sa revanche à Cagnes-sur-Mer, remportant le premier de ses cinq Grand Critérium de Vitesse, devant Eileen Eden, alors que Tidalium Pélo se classe troisième.

Il effectue un premier voyage victorieux à Turin, où il enlève le Prix de la Côte d’Azur.

Il s’en va à Naples disputer le Grand Prix de la Loterie, dans lequel il se classe deuxième d’Une de Mai, mais devant Eileen Eden, dans la finale.

C’est en revenant de Naples que Tidalium Pélo survit au drame qui coûte la vie à un autre trotteur, Roc Wilkes, son compagnon de voyage. Le train s’est retrouvé bloqué dans les Alpes, sans chauffage, ni eau ni nourriture, et les chevaux luttent contre la mort.

Mais Tidalium Pélo est une force de la nature ; il résiste à toutes ces épreuves et revient à Vincennes pour gagner le Prix René Ballière devant Tabriz, Tony M, Upsalin, Une de Mai et Toscan. Il se rend en Allemagne, à Munich, pour triompher dans le Prix des Meilleurs, devant deux autres trotteurs français, Upsalin et Thétis IV.

En 1970, il remporte son premier Prix de Cornulier, devant Ulric et Tabriz, puis se classe troisième du Prix d’Amérique, derrière Toscan et Tony M, mais devant Tabriz, Urielle, la grande Une de Mai… Il gagne son second Prix de France, en 1’18’’2, devant Une de Mai et Snow Speed, un ancien challenger du fameux Nevele Pride, qui a coûté la victoire à Upsalin au départ du Prix d’Amérique. Il part ensuite pour une saison de monte chez Roger Lemarié, car il faut respecter ses jambes fragiles.

Mais, durant l’été, il doit se rendre aux Etats-Unis avec Une de Mai pour le Championnat du Monde (le Roosevelt Trot International). Une de Mai a un titre à défendre, mais c’est Tidalium Pélo, qui manque de s’imposer. Il est battu d’un nez à la photo par la célèbre jument canadienne Fresh Yankee, qui gagnera aussi la revanche. Une de Mai, la tenante du titre, cette fois n’est que quatrième derrière le champion de Nouvelle-Zélande, Stylish Major. Tidalium Pélo gagnera aussi le Grand Prix d’Allemagne, à Hambourg, devant Eileen Eden et Simmerl.

C’est durant l’année 1971 que Tidalium Pélo se montre le plus brillant.

Après sa défaite due à une blessure, face à Uniflore D, dans le Prix de Cornulier, il remporte son premier Prix d’Amérique dans le temps record de 1’17’’5, devant Vanina B, Une de Mai, Tony M, Eileen Eden, Toscan, Ura, Arménie…

Il accomplit un exploit en se classant deuxième de Toscan, tout en lui rendant 50 mètres dans le Prix de Paris.

Il triomphe alors en Allemagne, à Munich, dans le Grand Prix de Bavière, qu’il gagne aux dépens d’Une de Mai et de Dart Hanover.

Puis en Suède, à Stockholm, il remporte la finale du célèbre Elitloppet, en 1’14’’7, toujours devant Dart Hanover et Une de Mai.

Mais il est battu par Une de Mai dans le Prix de l’Atlantique 1971, à Enghien, dont il est bon deuxième devant Verdict, puis dans le Prix René Ballière de la même année, à Vincennes, où il se classe encore deuxième devant Véronique R.

 

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Tidalium Pélo remporte la finale de l’Elitloppet 1971 à Solvalla

 

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Tidalium Pélo remporte le Prix d’Amérique 1972 et bat son propre record

 

 

C’est en 1972 qu’il réussit le doublé légendaire Prix de CornulierPrix d’Amérique, comme seuls Venutar et Masina avant lui. Il s’est permis de trotter en 1’20’’1 dans le « Cornulier » pour battre un certain Bellino II, alors un jeunot, mais qui fera bientôt parler de lui au plus haut niveau. Dans le Prix d’Amérique, il a battu, en 1’17’’1, son propre record.

Sa victoire a toutefois été facilitée par l’accrochage entre Une de Mai et Vismie, ce qui fera couler beaucoup d’encre et parler beaucoup de mauvaises langues, avides de dénigrer la performance du champion, tout en faisant passer au premier plan les malheurs d’Une de Mai.

Tidalium Pélo, riche de 4 111 557 F lorsqu’il rentre au haras, a cependant laissé dans les mémoires le souvenir d’un grand champion et d’un trotteur étonnamment complet, aussi bon au monté qu’à l’attelage, dans les courses de vitesse pure, comme sur les longues distances.

Son dernier exploit sera sa longévité ; il est mort à plus de 30 ans, l’équivalent d’au moins cent ans pour un homme !

 

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Tidalium Pélo, bientôt centenaire !

 

 

 

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Toscan, par Kerjacques et Toscane B, le premier des « Kerjacques » à faire parler de lui au plus haut niveau, vainqueur de trois Critériums, du Prix d’Amérique et de deux Prix de Paris

 

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Toscan mené ici par Jean-René Gougeon, son entraîneur

 

 

 

 

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Toscan, mené par Michel Gougeon, gagne le Prix d’Amérique 1970 devant Tony M

 

 

Toscan

 

 

L’histoire de Toscan est indissociable de celle d’Une de Mai ; tous les deux ont le même père : Kerjacques ; et, sans le savoir, ils vont commencer à bâtir sa légende.

Ils on été découverts tous deux par Pierre-Désiré Allaire, un grand spécialiste des chevaux et surtout des trotteurs, qui veut s’en rendre acquéreur mais seulement en partie. Pour cela, il incite le comte Pierre de Montesson à venir voir ses deux protégés ; il vente les mérites de leur père Kerjacques, qu’il considère comme un étalon d’avenir. On sait aujourd’hui combien il a vu juste, Kerjacques et sa descendance vont bouleverser le monde du trotting.

Le comte de Montesson est aussi malin que son habile conseiller ; il flaire la bonne affaire, devient propriétaire majoritaire de Toscan et de sa sœur Une de Mai ; et les confie tous deux à Jean-René Gougeon, qui sera leur entraîneur. En courses, Jean-René, l’aîné des frères Gougeon, pilotera la pouliche, tandis que son cadet, Michel Gougeon, dit « Minou », drivera le mâle. C’est un accord tacite.

Toscan se montre précoce et surdoué, ainsi il remporte le premier classique ouvert à sa génération, le Critérium des Jeunes, devant Tyrol II et Thor. Il gagne aussi le Prix Capucine, devant Tyrol II et Tony M. Il se révélera quasiment invincible à 2 et 3 ans, et durant une bonne partie de son année de 4 ans. Son histoire ressemble un peu à celle d’Hadol du Vivier, quelques années plus tard. (Tyrol II est le père du champion de jumping, Jappeloup ou Jappeloup de Luze).

A l’âge de 3 ans, il affronte la grande Roquépine dans le Prix de l’Etoile, avec une avance de 50 mètres, due à son jeune âge, et se classe deuxième devant Tabriz, un autre prodige. Il bat Roquépine en fin d’année dans le Prix Marcel Laurent, grâce à l’avance de 50 mètres réservée aux 3 ans.

 

Pierre-Desire Allaire

Pierre-Désiré Allaire, qui découvrit Toscan et Une de Mai, et entraîna de grands champions comme

Equiléo, Fakir du Vivier, Grandpré, Hillion Brillouard, Larabello, Gobernador, Kiss Melody…

 

 

 

A 4 ans, Toscan gagne le Prix Charles Tiercelin, devant Tahitienne J et Tornado T, le Prix de Tonnac-Villeneuve, devant Tony M et Ted Grez, le Prix Jules Thibault, devant Tante d’Ici et Tiki R, le Prix Ephrem Houël, devant Tante d’Ici et Tony M, le Prix Phaëton, devant Tony M et Tahitienne J, et finalement le Critérium des 4 ans, en 1’20’’6, devant Tony M et la même Tahitienne J. Il fait jeu égal avec ses aînés dans le premier Championnat Européen (le futur Prix René Ballière), dont la première édition est remportée par Dashing Rodney, devant Roquépine et le jeune Toscan.

Il a déjà trois Critériums à son palmarès. Il peut en espérer un quatrième avec le Critérium Continental, mais c’est sans compter sur les progrès de Tiki R, qui se montre intraitable et l’emporte sur son rival, alors que Tony M conclut à la troisième place.

On ne le sait pas encore, mais Toscan ne sort pas sans séquelle de son duel contre Tiki R ; il s’en ressent dans le Prix de l’Etoile, qu’il perd à nouveau, toujours au profit du décidément téméraire Tiki R ; et c’est Unadeux, qui prive Toscan blessé de la deuxième place.

 

C’est à cette époque que Toscan disparaît de la scène pour soigner sa blessure. Il laisse le soin à ses dauphins, Tony M et Tabriz, de représenter à sa place la génération des 5 ans face à leurs aînés durant les joutes de l’hiver. Ils ne s’en sortent pas trop mal du reste, puisqu’ils prennent tous deux les places d’honneur juste derrière Roquépine dans le Prix d’Amérique 1968. Cela laisse imaginer ce qu’aurait fait Toscan s’il avait été là.

Toscan fera sa rentrée dans le Prix Jockey, dont il se classera troisième de Tony M, derrière Ténébreuse D. C’est de bon augure pour le Critérium des 5 ans, qui lui manque encore pour entrer dans la légende en étant ainsi le premier trotteur à inscrire à son palmarès les trois grands Critériums, ce qui serait d’autant plus beau, puisqu’il a déjà gagné le Critérium des Jeunes. Mais, contre toute attente, il est battu par Ténébreuse D, et doit se contenter de la troisième place juste derrière Tony M. Visiblement, il était encore à court de condition, et il lui a manqué un petit quelque chose pour s’imposer dans ce Critérium des 5 ans. C’est pourquoi il renoue avec la victoire et se venge dans l'important Prix Doynel de Saint-Quentin, qu’il remporte devant Thétis IV et la même Ténébreuse D, cette fois bien battue. Il laissera le soin à un autre « Kerjacques », Jorky en l’occurrence, de rempoter à sa place, pour la première fois, les trois grands Critériums.

 

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Ténébreuse D a battu Toscan dans le Critérium des 5 ans, l’empêchant ainsi d’entrer dans la légende en étant le premier à inscrire à son palmarès les trois grands Critériums (3ans, 4 ans, 5 ans)

 

 

 

Toscan vise maintenant le Prix d’Amérique et pour cela s’attaque aux épreuves préparatoires. Il gagne le Prix du Bourbonnais, devant Ténébreuse D et Train Bloc.

Mais dans le Prix d’Amérique 1969, il doit s’incliner à la troisième place derrière ces nouveaux phénomènes que sont Upsalin et Une de Mai.

Eh oui, Une de Mai, une vieille connaissance pour lui, est là aussi et elle a bien progressé durant son année de 4 ans.

Or, s’il ne s’en doute pas encore, Toscan lui n’est plus le champion quasi-invincible qu’il avait été durant ses jeunes années.

Pour se consoler, il lui reste le Prix de Paris, qu’il remporte en 1’20’’8, devant Tony M et Murray Mir. Mais dans le Prix de l’Atlantique, à Enghien, il doit se contenter de la troisième place derrière Une de Mai et la vieille Roquépine.

 

Pour son premier déplacement à l’étranger, il se rend à Munich et là remporte le Grand Prix de Bavière, loin devant la championne Eileen Eden et Simmerl, le meilleur trotteur du pays. Il a pulvérisé le record de la course et ridiculisé ses adversaires.

Mais à Rome, il est battu à nouveau par Une de Mai dans le Grand Prix du Lido di Roma. Heureusement, sur ce même hippodrome, il lui reste le Grand Prix de Rome, qu’il remporte en temps record, devant Zizi et Agaunar.

 

Ses autres titres de gloire, il va les glaner en France, notamment dans le Prix d’Eté 1969, qu’il gagne enfin devant Une de Mai et Urielle, le Prix de Bretagne, qu’il remporte devant Upsalin et Ténébreuse D. Mais Upsalin prend sa revanche dans le Prix du Bourbonnais, dont Toscan se classe deuxième devant Tabriz, ce qui laisse présager un retour au sommet de sa part, et c’est de bon augure pour le Prix d’Amérique.

Cependant, début janvier 1970, dans le Prix de Bourgogne, il est encore battu par Upsalin, dont il est toujours bon deuxième, cette fois devant Tony M.

Le jour du Prix d’Amérique 1970, Upsalin est donc le favori logique, mais Toscan représente l’opposition directe avec sa sœur Une de Mai. Il suffirait d’une défaillance d’Upsalin pour que Toscan l’emporte, car ses dernières performances, comparées à celles de sa cadette, plaident en sa faveur.

Or, depuis la victoire d’Ozo en 1965, le départ du Prix d’Amérique est donné à l’autostart, et Upsalin a joué de malchance en tirant un numéro en deuxième ligne.

Ce qui rassure Henri Levesque, c’est que devant lui se trouve Snow Speed, un trotteur américain, spécialiste de ce genre de départ. Mais, contre toute attente, il part à la faute, est brutalement repris par son driver et provoque l’accrochage avec Upsalin.

Pour le champion de l’écurie Levesque, tous les espoirs s’envolent en fumée.

Dès lors, Toscan n’a plus qu’à l’emporter en 1’18’’3, devant Tony M, Tidalium Pélo et Tabriz : les quatre « T », les « quatre as » de la génération ont pris les quatre premières places. C’est du jamais vu !

 

Mais, après cette belle victoire ; un peu favorisé par le Destin en ce début d’année 1970, Toscan va se faire quelque peu oublier.

En fin d’année 1970, il renouvelle sa victoire de l’an dernier dans le Prix de Bretagne, qu’il remporte cette fois devant Tony M et Ura.

Il se classe deuxième d’Une de Mai dans le Prix du Bourbonnais, alors que Tony M est troisième.

Il faut dire que les champions de Vincennes doivent compter avec une nouvelle venue aux dents longues : Vanina B, qui reste sur une série impressionnante de victoires. Or, elle s’impose encore, cette fois parmi les meilleurs dans le Prix de Bourgogne, qu’elle remporte en 1’18’’2, devant Une de Mai, Tony M, Tidalium Pélo, Urvick, Toscan, puis Volnay II, Ura…

Toscan, malgré sa petite faute n’a pas démérité, pourtant il n’est que sixième.

Cette cohorte de champions, composée de Vanina B, Tidalium Pélo, Une de Mai, Toscan et Tony M, impressionne les candidats français ou étrangers, qui préfèrent s’abstenir. Si bien qu’on ne compte que 12 partants dans le Prix d’Amérique 1971.

Qu’importe, la qualité prime sur la quantité !

Tidalium Pélo en profite pour remporter en temps record, 1’17’’5, son premier Prix d’Amérique, devant Vanina B, Une de Mai, Tony M, Eileen Eden, Toscan, Ura, Arménie…

Vanina B prend sa revanche dans le Prix de France, qu’elle remporte, en 1’17’’6, battant à nouveau Tony M et Toscan. Ce dernier a décidé de sortir par la grande porte.

Une semaine plus tard, il fait ses adieux dans le Prix de Paris, son deuxième, qu’il gagne en 1’19’’7, devant Tidalium Pélo et le brave Tony M.

Toscan se retire au haras riche de 2 568 000 F.

Tidalium Pélo et Jean Mary

Tidalium Pélo et Jean Mary

Une de Mai et Jean-Lou Peupion après leur victoire à Roosevelt Raceway dans le Roquepine Trot (Challenge Gold Cup), tenant lieu de revanche du Championnat du Monde

Une de Mai et Jean-Lou Peupion après leur victoire à Roosevelt Raceway dans le Roquepine Trot (Challenge Gold Cup), tenant lieu de revanche du Championnat du Monde

Une de Mai, née de Kerjacques et de Luciole III, la reine du trotting, qui succéda à Roquépine, gagna partout où elle se produisit : en France, aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne, en Belgique, en Hollande, au Canada… mais pas en Scandinavie

Une de Mai, née de Kerjacques et de Luciole III, la reine du trotting, qui succéda à Roquépine, gagna partout où elle se produisit : en France, aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne, en Belgique, en Hollande, au Canada… mais pas en Scandinavie

Une de Mai et Jean-René Gougeon : un couple légendaire !

Une de Mai et Jean-René Gougeon : un couple légendaire !

Une de Mai

 

Père de Toscan, Ua Uka, Une de Mai, Bill D, Cette Histoire, Chambon P, Eléazar, Ejakval, Fanacques, Gamélia, Gadamès, Hague, Hajacques de Chenu, Igor du Beauvoisin, Jorky, Katinka, Lévorino, Mon Ouiton, Kerjacques fut incontestablement le plus grand sire étalon chef de race de l’après-guerre.

Or, même si elle n’a jamais gagné le Prix d’Amérique, Une de Mai fut sans doute la plus populaire et la plus fameuse parmi tous ces nombreux champions qu’il engendra.

A 3 ans, elle dominait sa génération dans les deux disciplines, remportant ainsi les épreuves reines (le Critérium des 3 ans à l’attelé et le Prix de Vincennes au monté) ouvertes à sa génération. Pour ses débuts à l’étranger, elle gagnait, à 4 ans, le Grand Prix d’Europe de Milan et le Grand Prix Continental de Bologne.

Mais à 4 ans, elle dut subir la loi d’un certain Upsalin, le champion de l’écurie Levesque, qui la battra dans le Critérium des 4 ans, le Prix du Président de la République (au monté), le Prix Ariste Hémard et finalement le Prix d’Amérique 1969 pour leur première participation. Ils avaient alors 5 ans et Une de Mai se classait deuxième devant Toscan.

Elle n’obtiendra jamais de meilleur classement dans la grande épreuve et cela fait aussi partie de sa légende. Une malédiction, le signe indien (comme on dit), l’empêchait de gagner le Prix d’Amérique, comme le jour de l’édition 1972, où elle s’accrocha avec Vismie, laissant Tidalium Pélo filer vers la victoire et battre son propre record.

Pour se consoler, il y avait pour elle l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer ; là Une de Mai se montra absolument invincible, obtenant neuf succès en neuf sorties, dont le fameux Critérium de Vitesse, qu’elle remporta cinq fois consécutives, de 1969 à 1973.

Mais son plus grand succès, elle l’obtint aux Etats-Unis, à New York, en 1969, l’été de ses cinq ans, le 25 août 1969 plus exactement, à l’occasion du Championnat du Monde, c’est-à-dire le Roosevelt International Trot 1969.

Le cheval à battre s’appelait Nevele Pride, il était la nouvelle gloire du trot américain et on le comparait volontiers au légendaire Greyhound, le hongre gris volant, surnommé « The Grey Ghost » (le fantôme gris), le plus rapide trotteur du monde depuis 31 ans.

Nevele Pride avait déjà remporté la Triple Couronne américaine (Yonkers Trot, Hambletonian, Kentucky Futurity), ainsi que deux titres de « Harness Horse of the Year » : meilleur cheval attelé (trot et amble confondus) de l’année pour 1967 et 1968. Il n’allait pas tarder à en remporter un troisième pour 1969 en clôturant sa carrière avec 16 records du monde, 57 victoires et 837 238 $ de gains.

Pourtant Une de Mai ne devait pas se laisser impressionner par ce « jeunot », qui était d’un an son cadet. Elle le laissa d’abord mener pour le dépasser en trombe dans le dernier tournant, le clouer sur place dans la dernière ligne droite et le battre avec près de trois longueurs d’avance, sidérant littéralement le public américain venu applaudir son idole, celui qu’il croyait invincible. Or, le succès d’Une de Mai fut encore renforcé quelques jours plus tard, quand ce diable de Nevele Pride fit tomber en 1’11’’1 le fantastique record de Greyhound (1’11’’6), vieux de trente et un ans.

 

Une de Mai n’en resta pas là, elle se fit applaudir dans tous les pays où elle se produisit car elle gagna partout : Allemagne, Belgique, Canada, Hollande, Italie, USA (où elle remporta un second Championnat du Monde et deux Challenge Cup)… sauf en Scandinavie. Trop froid ? Mais non, elle a gagné au Canada !

Ainsi, elle avait remporté trois fois de suite le Grand Prix de la Loterie de Naples, deux fois de suite le Grand Prix des Nations à Milan, deux fois de suite le Grand Prix de la Foire de Milan, deux fois de suite le Grand Prix de la Flèche d’Europe à Naples, deux fois le Grand Prix du Lido di Roma à Rome, deux fois le Grand Prix de la Côte d’Azur de Turin, ainsi que le Grand Prix d’Hiver de Milan, et terminait à trois reprises en tête du Grand Circuit International Européen, en 1969, 1970, 1971.

Parmi ses autres victoires, on peut citer encore le Trot des Nations à Montréal, l’Elite Rennen à Gelsenkirchen, le Prix des Meilleurs à Munich, le Grand Prix des Pays-Bas à La Haye, le Grand Prix Martini à deux reprises à Kuurne, en Belgique, sans oublier son Prix de France et ses deux Prix de Paris, à Vincennes, ses trois Prix de l’Atlantique à Enghien, ses deux Championnat Européen (Prix René Ballière) et son Prix d’Eté à Vincennes.

 

Une de Mai avait été découverte par Pierre-Désiré Allaire à peu près en même temps que son frère Toscan. Le grand professionnel avait deviné en Kerjacques un étalon d’avenir et il incita le comte Pierre de Montesson à se rendre acquéreur de ses deux protégés dont il garda la moitié des parts pour lui. Or, Toscan remporta le Prix d’Amérique, qui échappa toujours à sa sœur. C’était le 25 janvier 1970 ; et le fils de Kerjacques s’imposait devant ses trois illustres contemporains : Tony M, Tidalium Pélo et Tabriz, que suivaient Urielle et Une de Mai. C’est dire si le comte de Montesson avait fait une bonne affaire, même si Une de Mai par la suite dut subir la loi du diable noir Tidalium Pélo, qui la battait déjà dans la grande épreuve en 1971 ; elle se classait troisième derrière Vanina B, juste devant Tony M.

 

En 1974, Une de Mai, toujours chère dans le cœur du public, partit avec les honneurs de la cote, mais ne put faire mieux que quatrième derrière Delmonica Hanover, Axius et Casdar, place qu’elle avait déjà obtenue en 1973.

 

Riche de 8 918 977 francs, avec 74 victoires en 146 courses disputées, elle fit ses adieux dans le Prix de Paris 1974, avant de partir pour le haras des Coudraies.  

Une de Mai, Jean-René Gougeon et le comte Pierre de Montesson

Une de Mai, Jean-René Gougeon et le comte Pierre de Montesson

Hippolyte Bernereau, un boucher de Bournezeau en Vendée, ne sait pas trop que faire de Luciole II, sa petite jument, qui n’a jamais rien fait de bon en courses.

Il décide de l’accoupler avec un étalon pas trop cher, et son choix se porte sur un certain Kerjacques, un serviteur de l’Etat, encore inconnu, donc très abordable au niveau du prix de la saillie. C’est de cette union que va naître une pouliche alezane, avec une très fine liste blanche et trois balzanes, que l’on baptise Une de Mai.

Hyppolyte est un petit éleveur, il sait qu’il n’a aucune chance de dégoter la perle rare ; il vend Une de Mai et un autre cheval pour la modique somme de treize mille francs à un certain Michel Lemelletier, un Normand, spècialiste du débourrage des poulains.

Michel Lemelletier n’a pas l’intention de garder la pouliche, il se contente de la débourrer, sans prêter trop d’attention aux belles allures qu’elle développe déjà à l’entraînement.

Pourtant, la nouvelle se répand bien vite et finit par attirer un grand spécialiste des trotteurs, Pierre-Désiré Allaire, qui est justement à la recherche de produits de l’étalon Kerjacques, et vient récemment d’acheter un certain Toscan.

Il prend contact avec Michel Lemelletier et lui achète Une de Mai, ainsi que six autres poulains pour la somme de cent vingt mille francs. Persuadé qu’il vient de conclure une bonne affaire, Michel Lemelletier se frotte les mains.

Pourtant, quelques mois plus tard, alors qu’il est assis sur le sulky d’Ula Saint Romain, il affronte par hasard Une de Mai. Après la course, il dira à son épouse : - Je crois que j’ai eu tort de vendre Une de Mai, elle nous a doublés comme un avion…

 

Une de Mai avait débuté à Saint-Malo, le 27 août 1966, par une troisième place dans une petite épreuve pour débutants.

Elle montra très vite de la qualité, et à l’automne 1967, Pierre-Désiré Allaire décida de la vendre pour moitié au comte Pierre de Montesson. Le prix de vente étant fixé à 400 000 F.

Sous les couleurs du comte de Montesson, casaque bleue ciel, toque orange, elle fut confiée à Jean-René Gougeon et commença alors une extraordinaire carrière, bien que l’aîné des Gougeon lui préféra tout d’abord Ulysse Mab, avec lequel il avait gagné le Critérium des Jeunes, premier classique de la jeune génération, mais en faisant dead-heat avec Urcet, alors qu’Unadeux se classait troisième.

Ulysse Mab devait aussi remporter le Prix Capucine, cette fois devant Urcet et Urda.

 

En dépit de ses qualités évidentes, Une de Mai montra aussi qu’elle avait du caractère ; durant les heats d’échauffement, elle se mettait parfois à tirer comme un treuil, disait J. R. Gougeon. C’est lui qui eut l’idée de la confier à plein temps à Jean-Lou Peupion, l’homme de confiance de la maison, à Joinville. Jean-Lou Peupion, à force de patience et aussi de passion, allait permettre à Une de Mai d’exploiter tout son potentiel, en rejetant ses peurs et ses appréhensions ; il est pour beaucoup dans sa réussite sur tous les champs de courses du monde.

 

Bien vite, Une de Mai aligne 10 victoires consécutives, parmi lesquelles le classique Critérium des 3 ans à l’attelage, en 1’20’’7, devant Upsal du Pont et Uros H, et son équivalent au monté, le Prix de Vincennes, en 1’23’’2, devant Udango et Unifrance, avec Michel Gougeon pour cavalier.

De tous les champions qu’il a menés en courses – et Dieu sait s’il en a menés : d’Olten L à Ourasi, en passant par Roquépine, Bellino II, Hadol du Vivier – Une de Mai restera la préférée de Jean-René Gougeon.

Reine incontestée de sa génération dans les deux spécialités, à 3 ans, sa couronne lui est sérieusement contestée à 4 ans.

En effet, bien qu’elle remporte tour à tour : le classique Prix de Sélection, devant Sabi Pas et Seigneur, le Prix Charles Tiercelin, devant Upsal du Pont et Unadeux, le Prix de Tonnac-Villeneuve, devant Uskia et Unimel B, le Prix Jules Thibault, devant Ursule Pirouette et Unimel B, le Prix Ephrem Houël, devant Uno et Upsalin, le Prix Guy Le Gonidec, devant Uti Rogas II et Urielle, le Prix Phaëton, devant Ulius et Uhlan II ; et, pour ses débuts à l’étranger, le Grand Prix d’Europe de Milan, en 1’18’’3, devant Uti Rogas II et Qurago, puis le Grand Prix Continental de Bologne, en 1’18’’6, devant Fosfa et Durante : elle est battue par Upsalin dans le classique Critérium des 4 ans, puis son équivalent au monté, le Prix du Président de la République, dont elle n’est que troisième derrière Uniflore D, l’important Critérium Continental, le Prix Ariste Hémard… Alors qu’elle a aussi perdu le classique Prix de l’Etoile contre le jeune Vat, avantagé de 50 mètres, il est vrai.

Pour parfaire le tout, au début du mois de janvier 1969, alors qu’il entame sa cinquième année, Upsalin remporte aussi le Prix de Croix, devant Uti Rogas II et Uno, et finalement, pour leur première participation : le Prix d’Amérique, en 1’17’’6, devant Une de Mai et Toscan, alors qu’Eileen Eden, Sol Mio B, Tidalium Pélo, Roquépine, Ténébreuse D, Tabriz, Tony M comptent aussi parmi les battus.

Que se passe-t-il ? Upsalin est-il meilleur qu’Une de Mai ? Est-ce lui le nouveau crack de Vincennes ? Tous les inconditionnels d’Une de Mai commencent à douter.

 

La semaine suivante, elle est battue à nouveau dans le Prix de France, mais cette fois par Tidalium Pélo, qui s’impose en 1’17’’8, devant Une de Mai et Roquépine.

Elle fait l’impasse sur le Prix de Paris, que remporte Toscan devant Tony M. Son entraîneur décide de la mettre au repos. Elle prendra finalement sa revanche sur Upsalin en fin de meeting, dans le Prix Ovide Moulinet, qu’elle remporte en 1’18’’9, devant Urielle et Upsalin, qui restait pourtant sur sa victoire du Prix Roederer devant Uno et Ut Majeur II.

 

On retrouve Une de Mai à Cagnes-sur-Mer, son hippodrome de prédilection, pour le premier de ses cinq Grand Critérium de Vitesse, qu’elle remporte en 1’16’’8, devant la rapide Eileen Eden et Tidalium Pélo, sur lequel elle prend sa revanche.

Elle se rend ensuite à Enghien pour le Prix de l’Atlantique, qu’elle remporte en 1’17’’1, devant Roquépine et Toscan.

 

Puis c’est son premier voyage à Naples, où l’attend le Grand Prix de la Loterie Nationale, qu’elle gagne en finale, dans la réduction de 1’16’’4, devant Tidalium Pélo et Eileen Eden, qui devient sa rivale italienne après avoir été celle de Roquépine.

De Naples, Une de Mai se rend à Milan pour le Grand Prix de la Foire Internationale, qu’elle remporte devant Eileen Eden et Agaunar, deux juments de renom.

Elle gagne aussi le Grand Prix de la Flèche d’Europe à Naples, toujours devant Eileen Eden, alors que Nu Hill est troisième.

A Rome, elle s’impose devant Toscan et Nu Hill, dans le Grand Prix du Lido di Roma.

 

Toutes ses victoires et le prestige qui l’entoure appellent Une de Mai de l’autre côté de l’Atlantique, à New York, le 25 août 1969, pour en découdre dans le Championnat du Monde, sur l’hippodrome de Roosevelt, avec le phénomène que tous les Américains jugent imbattable : le fameux Nevele Pride, qui a déjà gagné le Yonkers Trot, l’Hambletonian, le Kentucky Futurity, autrement dit la Triple Couronne, ainsi que l’American Championship, en 1’16’’, devant Snow Speed, Earl Laird, Real Speed…

Stanley Dancer, son entraîneur, a dit partout où l’on voulait bien l’entendre, que son champion était invincible, qu’il faudrait cinq pattes à Une de Mai pour pouvoir le battre.

Nevele Pride est parti comme un boulet de canon ; durant les deux tiers du parcours, il survole littéralement la course, jusqu’au moment où Une de Mai lance son attaque, le rejoint dans le dernier virage, le cloue sur place et franchit la ligne d’arrivée avec près de trois longueurs d’avance devant 40 000 spectateurs fascinés. Temps de réduction de la gagnante 1’16’’2 ! Nevele Pride se classe deuxième à distance devant Fresh Yankee.

On revivra une histoire à peu près semblable avec Ourasi et Mack Lobell, quelques années plus tard dans le March of Dimes Trot, à Garden State Park.

Dans la revanche, la Challenge Cup, Nevele Pride déclare forfait, pourtant c’est la jument canadienne Fresh Yankee qui s’impose  devant Une de Mai.

Mais l’aventure américaine n’est pas tout à fait terminée, quelques mois plus tard, l’insatiable Nevele Pride bat, en 1’11’’1, le record fantastique de 1’11’’6, établi par Greyhound, il y a trente et un ans, et devient ainsi le trotteur le plus rapide de tous les temps. Ce qui ne manque pas de rehausser l’exploit d’Une de Mai.

Roosevelt International Trot – Championnat du Monde 1969, dans le dernier virage, Une de Mai amorce son attaque sur Nevele Pride, le grandissime favori

Roosevelt International Trot – Championnat du Monde 1969, dans le dernier virage, Une de Mai amorce son attaque sur Nevele Pride, le grandissime favori

Une de Mai bat Nevele Pride dans le Roosevelt International Trot – Championnat du Monde 1969

Une de Mai bat Nevele Pride dans le Roosevelt International Trot – Championnat du Monde 1969

Pour son retour à Vincennes, dans le classique Prix de l’Etoile, Une de Mai s’impose en 1’17’’1, loin devant le jeune Alexis III auquel elle rendait pourtant 50 mètres.

Mais dans le Prix d’Eté, sans doute éprouvée par cet exploit, en plus de son périple américain, elle est largement dominée par son compagnon d’écurie et demi-frère, Toscan, qui l’emporte en 1’18’’8. Une de Mai elle se classe cependant deuxième devant Urielle.

 

Elle est déjà largement en tête du Grand Circuit International, pourtant elle retourne en Italie en fin d’année et retrouve Eileen Eden, qui cette fois prend sa revanche sur Une de Mai dans le Grand Prix des Nations à Milan, qu’elle remporte en 1’16’’5, devant Dart Hanover, alors que la championne française n’est que troisième.

Mais, en finale, Une de Mai gagne le Grand Prix d’Hiver de Milan, devant Nu Hill et Murray Mir, et pour commencer l’année 1970 en beauté s’impose aussi à Cagnes-sur-Mer, dans le Prix de la Côte d’Azur, qu’elle gagne en 1’18’’4, devant Sire de Tracy et Urielle.

 

Upsalin, qui a profité de l’absence d’Une de Mai pour remporter le classique Critérium des 5 ans, s’octroie également le Prix Doynel de Saint-Quentin, puis le Prix Marcel Laurent, en fin d’année, devant Alexis III et Uno.

Battu par Toscan dans le Prix de Bretagne, il prend sa revanche sur lui dans le Prix du Bourbonnais, et gagne aussi le Prix de Bourgogne au début de janvier 1970.

Il s’annonce déjà comme le favori du Prix d’Amérique, le dimanche 25 janvier 1970, malgré la coalition que forment Toscan et Une de Mai. Mais il joue de malchance au départ, perdant toutes ses chances à cause d’un stupide accrochage avec Snow Speed.

Toscan en profite pour filer vers la victoire, devant Tony M, Tidalium Pélo, Tabriz, Urielle, Une de Mai, seulement sixième.

 

Une de Mai est encore battue par Tidalium Pélo dans le Prix de France, dont elle se classe deuxième devant Snow Speed. Mais elle renoue avec la victoire dans le Prix de Paris, qu’elle gagne en 1’20’’7, devant Upsalin. Puis elle remporte le Prix de Sélection, en 1’17’’9, devant le jeune Aigle Noir, concluant ainsi en beauté ce festival hivernal de Vincennes.

 

Après une courte période de repos bien mérité, Une de Mai retrouve ses admirateurs à Cagnes-sur-Mer, où l’on commence à se dire qu’elle est vraiment imbattable sur cet hippodrome. Et, de fait, elle remporte pour la deuxième fois le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur ; cette fois en 1’16’’4, devant Tony M, et le champion local Tivaty Pélo, qu’il ne faut pas confondre avec Tidalium Pélo.

Mais Tony M prend sa revanche à Enghien, dans le Prix de l’Atlantique, qu’il remporte en 1’20’’7, à l’issue d’une « course tactique », devant Une de Mai et le même Tivaty Pélo.

 

Une de Mai se rend alors en Italie, à Turin, et là remporte en temps record le Grand Prix de la Côte d’Azur, devant Dazzling Speed et Dart Hanover.

Comme l’Italie lui réussit, elle descend à Naples et renouvelle son succès de l’an dernier dans le Grand Prix de la Loterie Nationale, qu’elle signe en 1’16’’6, en finale, devant sa vieille connaissance Eileen Eden, Snow Speed et Tony M.

Elle remonte sur Milan et s’octroie un deuxième succès dans le Grand Prix de la Foire Internationale, cette fois devant Barbablù et Tony M.

 

Une de Mai tente à présent sa chance en Suède, dans le fameux Elitloppet de Stockholm, qui manque encore à son palmarès.

Elle parvient à se qualifier pour la finale en s’imposant dans la deuxième batterie, en 1’17’’, devant Lindy’s Pride, Tivaty Pélo et Uhlan II. On pense alors qu’elle gagnera la finale pour s’octroyer ainsi l’une des rares grandes épreuves qui lui manque encore, mais elle ne réagit pas au moment crucial, laissant Eileen Eden s’imposer pour la deuxième fois, mais de peu devant Fresh Yankee, alors qu’Uhlan II prive Une de Mai de la troisième place.

 

Lorsqu’Une de Mai retrouve son public de Vincennes, c’est à l’occasion du Championnat Européen (le futur Prix René Ballière), qu’elle remporte en 1’18’’1, devant Tony M (1’18’’2), et plus loin Urielle, Ura, Tendresse III, Villequier B, Urvick, Uno.

 

Puis elle s’envole pour les Etats-Unis, en compagnie de Tidalium Pélo, car elle a un titre à défendre dans le Championnat du Monde, à New York, sur la piste de Roosevelt.

Mais, cette fois, elle est largement dominée par la fameuse jument canadienne Fresh Yankee, Tidalium Pélo, et le meilleur trotteur de Nouvelle-Zélande, Stylish Major.

C’est Tidalium Pélo qui a failli réussir l’exploit, n’étant battu que d’un nez à la photo.

Comme en 1969, Fresh Yankee gagne aussi la revanche, la Challenge Gold Cup, baptisée Roquepine Trot, en hommage à la célèbre championne, une semaine plus tard. Cette fois encore, Tidalium Pélo s’inclinait de peu.

 

Une de Mai elle s’était abstenue dans cette seconde épreuve new-yorkaise, préférant se rendre à Rome pour le Grand Prix du Lido di Roma, disputé en nocturne. Mais elle est particulièrement malheureuse dans cette épreuve que remporte d’extrême justesse la nouvelle championne Agaunar devant Tony M. La troisième place revenait à Eileen Eden, devant Dart Hanover et Une de Mai, la grande malchanceuse.

 

Ayant raté son retour à Roosevelt Raceway, Une de Mai repart pour les Etats-Unis, au mois de septembre, mais cette fois sur l’autre hippodrome new-yorkais, Yonkers Raceway, où se dispute le Gotham Trot (2 011 m), que le jeune Dayan, un 4 ans, remporte en 1’16’’3, devant Fresh Yankee, venue tout à la fin priver Une de Mai de la deuxième place.

La semaine suivante, sur le même hippodrome, Une de Mai tente sa chance dans l’United Nations Trot (2 413 m), mais alors qu’elle semble s’imposer, tandis que Dayan a cédé complètement, Fresh Yankee revient la régler tout à la fin, Noccalula finissant troisième.

 

Avant de retrouver la France, Une de Mai passe par la Belgique et là remporte le Grand Prix Martini, à Kuurne, devant Urbino II, Davioli et Atome.

 

De là, la championne française retourne en Italie, d’abord à Naples, pour le Grand Prix de la Flèche d’Europe, qu’elle remporte de très peu, en 1’16’’1, devant Barbablù et Keystone Spartan. Puis finalement à Milan, pour le Grand Prix des Nations, qui lui avait échappé en 1969, alors qu’elle était dominée par Eileen Eden et Dart Hanover.

Cette fois Une de Mai prend sa revanche sur Eileen Eden pour s’imposer en temps record, 1’15’’5, battant d’une seconde l’ancien record (1’16’’5) établi par Roquépine et égalé par Eileen Eden, alors que Keystone Spartan se classe deuxième devant Agaunar, Murray Mir, Eileen Eden… Sur sa lancée, Une de Mai se rend à Rome et remporte le Prix Tor di Valle, devant Barbablù et Agaunar.

Cette fois encore elle termine en tête du Grand Circuit International.

Une de Mai retrouve Toscan, Tidalium Pélo, Tony M, auxquels s’ajoute une nouvelle venue, Vanina B, à Vincennes pour le nouveau meeting d’hiver, celui de 1971.

Ces cinq trotteurs vont devenir les cinq étoiles de Vincennes. C’est exceptionnel, on n’a jamais vu ensemble une telle brochette de vedettes à Vincennes. En fait si, un an plus tôt, mais Upsalin a été remplacé par Vanina B. Les passionnés du trot se régalent à l’avance.

Une de Mai, Toscan, Tidalium Pélo, Vanina B, Tony M : les cinq étoiles de Vincennes, en 1971

Une de Mai, Toscan, Tidalium Pélo, Vanina B, Tony M : les cinq étoiles de Vincennes, en 1971

Toscan commence par remporter le Prix de Bretagne, qu’il avait déjà gagné un an plus tôt, devant Tony M, Ura, Uno, Urielle, Véronique R, Amiral Williams. Une de Mai coiffe Toscan sur le poteau à l’arrivée du Prix du Bourbonnais, alors que Tony M, qui a fait longtemps illusion pour la victoire, se classe troisième devant Ura, puis Sibelle J, Urielle, Version F…

Vanina B, quant à elle, poursuit sa série victorieuse et s’octroie le Prix Marcel Laurent, en 1’16’’3, devant Vinci II, Bill D, Version F, Vouloir, battant ainsi le record de la piste de Vincennes, que détenait Une de Mai en 1’16’’9 !

Le Prix de Bourgogne était alors la dernière épreuve préparatoire au Prix d’Amérique ; elle revient à Vanina B, qui s’impose en 1’18’’2, cette fois devant Une de Mai, Tony M, Tidalium Pélo, auteur d’une excellente rentrée, Urvick, Toscan, qui a perdu des rangs sur une faute, puis Volnay II et Ura.

Au regard de ces performances, on peut dire que les cinq étoiles conservent chacune leur chance de gagner le Prix d’Amérique : le public de Vincennes est maintenu en haleine.

 

Le 12 janvier, Une de Mai est à Cagnes-sur-Mer pour le Prix de la Côte d’Azur, qu’elle remporte à nouveau devant Sire de Tracy, dans la réduction de 1’18’’7 ; Tout Jeton L se classant troisième devant Tiercé à Cœur, Eileen Eden, Ulfa M et Véronique R.

Jean-René Gougeon assure aux admirateurs d’Une de Mai que la championne est en grande forme ; elle a très bien travaillé, et devrait en principe remporter cette année ce fameux Prix d’Amérique, qui lui manque encore.

 

Mais le dimanche 31 janvier 1971, Tidalium Pélo remporte en temps record, 1’17’’5, le premier de ses deux Prix d’Amérique, devant Vanina B, Une de Mai, seulement troisième et sérieusement menacée par Tony M, le quatrième, que suivent Eileen Eden, Toscan, Ura, Arménie, Agaunar, Barbablù, Murray Mir, alors qu’Urielle a été arrêtée.

 

On pense qu’Une de Mai va prendre sa revanche dans le Prix de France, mais c’est Vanina B, qui s’impose, en 1’17’’6, devant Tony M, Toscan, Eileen Eden, Murray Mir…

Vanina B gagnera aussi le classique Prix de Sélection, en 1’18’’6, devant Bill D.

 

Une de Mai peut encore espérer renouveler sa victoire de l’an dernier dans le Prix de Paris, mais c’est sans compter sur Toscan, qui a décidé de sortir par la grande porte, et réussit fort bien ses adieux, en s’imposant en 1’19’’7, devant Tidalium Pélo, Tony M, Villequier B.

En fait, Une de Mai n’a pas pris part à la course, son entraîneur ayant décidé de la mettre au repos après sa piètre performance du Prix de France. Quant à Toscan, c’était la deuxième fois qu’il remportait le Prix de Paris, après l’avoir déjà gagné en 1969.

Tidalium Pélo et Vanina B : le duo de choc du meeting d’hiver 1971

Tidalium Pélo et Vanina B : le duo de choc du meeting d’hiver 1971

Une de Mai remporte le championnat du monde - Roosevelt International 1971, devant Fresh Yankee, Dart Hanover et Tidalium Pélo

Une de Mai remporte le championnat du monde - Roosevelt International 1971, devant Fresh Yankee, Dart Hanover et Tidalium Pélo

Une de Mai Roosevlt International Trot 1969

Une de Mai Roosevelt International Trot 1971

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commentaires

J
Tres interessant ces histoires de trotteurs,mais de grace cessez d appeler Pierre Giffard par le prenom de son fils Claude. La photo de TABRIZ et Pierre Giffard ternit d entree de jeu la credibilite de votre site et en plus vous egratigner un grand jockey des annees 60 et 70 dont la notoriete n est evidemment pas en concurence avec celle de son fils Claude. Ce dernier s est illustre essentielement dans le sud ouest avant de devenir commissaire de courses.
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B
Quels champions! Quelle émotion! Mille fois merci!
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G
Documents exceptionnels, merci
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