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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 07:54

 

Les champions trotteurs de légende en France

 

02-Les années 1950

 

 

 

 

Scotch-Fez-gagne-le-Prix-d-Amerique.jpg

En janvier 1950, drivé par Soren Nordin, Scotch Fez offre le Prix d’Amérique à la Suède

 

Scotch-Fez.jpg

Le champion suédois, d’origine américaine, Scotch Fez

 

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Trois ans après son succès de 1948, en janvier 1951, l’italo-américain Mighty Ned, de l’écurie Orsi Mangelli, redonne le Prix d’Amérique à l’Italie.

 

Cancanniere-00.jpg

La populaire Cancannière lors de sa victoire dans le Prix d’Amérique 1952

 

 

Juste avant Gélinotte, une championne populaire défraya la chronique, elle s’appelait Cancannière…

       

 

Cancannière

 

On s’était d’abord habitué aux succès glanés par Calpurnia, quand la provinciale Cancannière fit son entrée victorieuse à Vincennes, le 28 novembre 1949, alors qu’elle avait 3 ans, dans le Prix du Merlerault (2 250 m), qu’elle remporta en 1’28’’8.

 

Cette fille de Kankan II et de Mimi Pinson III remporta trois victoires à 4 ans, puis neuf à 5 ans. Madame Paul Bancilhon loua alors sa carrière de courses et la confia à Jonel Chyriacos. Sous l’entraînement de ce grand professionnel, elle fit d’énormes progrès et ne tarda pas à rivaliser avec les meilleurs trotteurs de Vincennes.

Elle put ainsi remporter le Prix d’Amérique 1952, sur 2 600 mètres, devant ses excellents contemporains, Cyrano II et Chambon, et d’autres trotteurs renommés, comme Scotch Thistle, Permit et Mighty Ned.

Après sa seconde place dans le Prix de Paris, elle gagna encore le Prix Vénus, le Prix Le Prévost de la Moissonnière et le Prix Hervieu. Elle débuta l’année 1953, son année de 7 ans, par une deuxième place dans le Prix de Bourgogne, avant de conclure au troisième rang dans le Prix d’Amérique remporté par le trotteur allemand Permit, devant Tryhussey, alors qu’elle leur rendait 25 mètres. Elle était devenue très populaire et ses admirateurs acceptaient mal qu’elle soit battue par un trotteur venu d’outre-Rhin, fusse-t-il un champion. Elle prendra sa revanche sur Permit dans le Grand Prix des Nations à Milan. Elle gagna aussi le Prix d’Argentine et le Prix de Paris (3 425 m), qu’elle signait en 1’25’’9. Mais elle fut battue dans le Prix Emile Allix-Courboy sur 2 650 mètres. Elle s’imposa à Enghien, sur la longue distance de 4 075 mètres du Prix de Buenos-Aires, qu’elle remporta en 1’25’’1, ce qui était un record.

 

A 8 ans, elle gagna son deuxième Prix de Paris, en 1’27’’3, puis se fit applaudir en Italie et en Allemagne. Elle était âgée de 9 ans quand elle se classa troisième du Prix d’Amérique 1955, derrière Fotunato II et Gélinotte, puis troisième du Prix de Paris, derrière Gélinotte et De Belle Etoile. Cette année-là, elle gagna aussi en Italie, 13 200 000 lires, en Allemagne pas moins de 2 500 DM, en Suède 10 000 SKR, plus 1 400 000 AF en France, ce qui lui faisait déjà un total de gains de 28 234 250 AF.

 

Enfin, en 1956, alors qu’elle avait 10 ans, la populaire « Cancan » se classa encore troisième du Prix de France de Gélinotte, troisième du Prix de Paris, derrière Gélinotte et Gay Noon, avant de remporter le Prix des Continents (2 600 m), en 1’21’’8.

Elle avait gagné en France et à l’étranger 31 014 250 AF.

 

Cancanniere-015-bis-Jonel-Chyriacos.JPG

Cancannière et son Mentor, Jonel Chyriacos, le grand professionnel, d’origine grecque, qui sut faire d’elle une championne au plus haut niveau.

 

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Permit et Walter Heitmann battirent Cancannière et Jonel Chyriacos dans le Prix d’Amérique 1953, mais avec une avance de 25 mètres.

 

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Feu Follet X remporte le Prix d’Amérique 1954

 

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Feu Follet X a gagné le Prix d’Amérique 1954, devant Frances Bulwark, Eboue Wilkes, Fortunato II, Estelle IV, Mac Kinley, Ancolie B, Cancannière, qui rendait 25 mètres…

 

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Fotunato II gagne le Prix d’Amérique 1955, devant Gélinotte et Cancannière.

 

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Fandango et Michel-Marcel "Minou" Gougeon

 

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Fandango

 

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Fandango

 

 

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Fandango, le fils de Loudéac et de Tombelaine, fut un grand champion au trot monté, bien qu’il remportât aussi le classique Critérium des 3 ans à l’attelage. Il est célèbre pour avoir aligné une série de 38 victoires consécutives au trot monté, dont deux Prix de Cornulier, en 1953 et 1954, le premier à l’âge de 4 ans ! Il échoua dans l’édition 1955, car il était malade et avait couru contre l’avis de son entraîneur, subissant ainsi sa première défaite. Il devint au haras un grand étalon.

 

 

Fandango 

 

Avant de se consacrer à Gélinotte, il est impossible de passer sous silence les exploits accomplis par deux champions incontestés du trot monté : Fandango et Gardon ; à eux deux, ils ont gagné cinq Prix de Cornulier. Fandango, un fils de Loudéac et de Tombelaine, que montait Michel Gougeon, le frère de Jean-René, remporta 38 victoires consécutives au trot monté, ce qui n’a jamais été égalé depuis. Il gagna son premier « Cornulier » à 4 ans !

Dans sa jeunesse, il avait montré des aptitudes au trot attelé, notamment en remportant le classique Critérium des 3 ans, mais c’est sous la selle et non au sulky qu’il a bâti sa légende.

A 3 ans, il remporte dix victoires, dont les Prix d’Essai, Hémine, le Saint-Léger de Caen, les Prix des Elites et de Vincennes.

A 4 ans, seize autres victoires viennent enrichir son palmarès, dont les Prix de Cornulier, des Centaures, du Président de la République, et celui des Elites.

En 1954, il s’offre encore douze victoires, dont les Prix de l’Ile-de-France, de Cornulier, des Centaures, des Elites. Il établit le record de la spécialité en 1'20’’7. Il ne put cependant remporter un troisième Prix de Cornulier ; alors qu’il restait sur 38 victoires consécutives sous la selle, il fut battu contre toute attente, mais il souffrait de la gourme, et avait couru contre l’avis de son entraîneur, pour faire plaisir à son propriétaire. Il termina cinquième.

Sa gloire se poursuivit au haras, car Fandango fut aussi un excellent reproducteur.

Il laissa le soin à Gardon de lui succéder sur les pistes au trot monté et notamment au palmarès du Prix de Cornulier.

 

 

Gardon-numerisation0002.jpg

Gardon réitéra l’exploit de Souarus en gagnant comme lui trois Prix de Cornulier, mais pas d’affilée ; en 1955, 1956, et 1958.

       

Gardon

 

Bien qu’il fut un champion un peu moins prestigieux que Fandango, Gardon lui réussit l’exploit de gagner trois Prix de Cornulier, comme seul Souarus avant lui. Il était fils de Tigelin et de Riposte. Monsieur Louis Baudron, son propriétaire, l’avait confié à Jean Mary. Extrêmement expansif, Gardon avait besoin de se calmer avant chaque course. De longues séances de promenade et d’échauffement lui étaient nécessaires pour dominer sa fougue.

Gardon se révéla à 4 ans, l’année où il gagna le classique Prix du Président de la République. Suivirent bientôt les Prix de Champagne, Jacques Olry, Emile Riotteau, de l’Ile de France, de Cornulier, Camille Blaisot, de Normandie, qu’il ajoutait à son palmarès.

A 6 ans, Gardon courut 8 fois et gagna à 5 reprises dont le Prix de Cornulier pour la deuxième fois. Blessé, il dut faire l’impasse sur la grande épreuve en 1957, mais il avait établi son record dans le Prix de Champagne en 1’20’’6, et devait gagner un troisième Prix de Cornulier, l’année 1958, en 1’21’’9, devant Idumée et Jolie Folle. Il battait alors le record de l’épreuve. Il termina sa carrière avec 284 750 NF de gains. Il avait disputé 93 épreuves, pour en remporter 31. On se souviendra de lui comme un grand champion du trot monté ; ainsi, s’il avait un record de 1’20’’6 dans cette spécialité, son meilleur temps à l’attelé était de 1’29’’ sur 2 600 mètres. Il avait eu du mal à s’imposer à Vincennes, mais son jockey Jean Mary avait su le transformer pour en faire un champion d’une trempe exceptionnelle sous la selle. Et puis, dans cette même génération, il y avait Gélinotte pour briller à l’attelage, et avec elle il était impossible de rivaliser à moins d’être aussi un phénomène. 

 

Cancannière Prix d'Amérique 1952

Depuis l’époque glorieuse de la grande Uranie, le monde du trot n’avait plus connu de championne de la dimension de Gélinotte. Elle allait devenir la nouvelle reine du trotting, éclipsant un peu trop vite la brave Cancannière, pourtant si populaire. Son père Kairos se distingua sur les pistes, avant de devenir un étalon hors pair, donnant le jour à 350 trotteurs, dont le bon Abd-el-Krim D, Bleinheim, et des champions hors du commun, comme Gélinotte et son frère cadet d’un an, Hairos II, sans oublier Jalna IV, la mère de Roquépine.

 

Gelinotte---Charley-Mills.JPG

Gélinotte et Charley Mills, sur la piste de Chamant ; Gélinotte, « la Madone des Sleepings », fille de Kairos et petite-fille d’Uranie, fit retentir un peu partout la Marseillaise, gagna deux fois la Triple Couronne de Vincennes : (Prix d’Amérique - Prix de France - Prix de Paris) et fut deux fois championne d’Europe, lauréate du Grand Circuit International Européen.

 

Gelinotte--1-.jpgGélinotte

 

Gelinotte-1957-1-.jpg

 Gélinotte gagne le Prix d'Amérique 1956 devant Hortensia VII

       

Gélinotte

 

Surnommée « la Madone des Sleepings » en raison des nombreux voyages en train qu’elle effectua à travers l’Europe pour faire retentir un peu partout la Marseillaise, le chant de la victoire, Gélinotte fut certainement la plus populaire de toutes les juments trotteuses ; elle avait son club de fans, une chanson attitrée, et recevait des lettres à son nom (Mme Gélinotte), comme une star de ciné. Sa popularité était due en partie à la récente création du tiercé par André Carus, qui connaissait alors un succès retentissant, mais on ne doit pas oublier ses 54 victoires pour 955 990 NF de gains.

Elle fut deux fois lauréate du Grand Circuit International Européen et remporta deux fois la Triple Couronne (Prix d’Amérique, Prix de France, Prix de Paris), deux fois également l’Elitloppet de Solvalla (Stockholm), (la course de vitesse la plus fameuse d’Europe), et le Grand Prix de la Loterie Nationale de Naples (avec le Prix d’Amérique et l’Elitloppet, l’une des trois courses de trot les plus richement dotées en Europe).

 


André Carrus pari mutuel

En inventant le tiercé, qui connut d’emblée un succès populaire, André Carrus a contribué à la célébrité de la championne Gélinotte. 

 

 

Durant sa brillante carrière, Gélinotte avait disputé 87 courses, en avait remporté 54, soit 955 990 NF, et était détentrice d’un record de 1’16’’5, établi sur la piste de Hambourg.

Elle s’était illustrée victorieusement à Vincennes, Enghien, Milan, Hambourg, Modène, Stockholm, Göteborg, Copenhague, Berlin, Munich et Vienne, et courut aussi à La Haye, où elle se classa deuxième de Peterhof, auquel elle devait rendre 80 mètres dans le Grand Prix des Pays-Bas.

 

Elle était née le 4 avril 1950, de l’union de Kairos et de Rhyticère, dans la propriété de Madame S. Karle, au haras de Croissanville.

Son père Kairos était le fils de la grande Uranie, et le « grand-père » de Roquépine.

Toute petite, elle n’en faisait déjà qu’à sa tête, aimant par-dessus tout fausser compagnie à ses soigneurs, tant elle était éprise de liberté et d’indépendance. Il lui arriva de sauter la haie de son herbage pour aller déguster les pommes dans le verger du voisin. Tout au long de sa vie, les pommes seront la gourmandise favorite de Gélinotte. Madame Karle n’oubliait jamais de lui en offrir après chaque victoire.

Au sortir de l’adolescence, elle quitta sa Normandie natale pour aller apprendre son métier chez Marcel Pelbarg, qui sera son premier entraîneur et le premier à la mener en courses.

 

Gélinotte débuta à Vincennes le 23 août 1952, dans le Prix des Jacinthes, sur les 1 200 mètres de la grande piste, une course pour pouliches de 2 ans. Cotée 12/1, elle se contenta d’une sixième place, mais se fit remarquer pour ses belles allures.

Sa deuxième course se solda par une disqualification pour avoir franchi le poteau au galop, alors qu’elle était assurée de la deuxième place. Il fallut attendre le Prix des Cyclamens, disputé le mois suivant sur 1 200 mètres, pour la voir enfin franchir le poteau victorieusement. Elle battait ainsi 15 adversaires, dont Gutemberg A et Greluchon.

Son record était alors de 1’23’’3.

Mais durant l’hiver qui suivit, elle accumula cinq défaites consécutives, avant de s’imposer enfin, en février 1953, dans un lot de 18 partants.

Après le meeting d’hiver, on la confia à Charley Mills, tandis qu’André Djoudad devenait son lad attitré. Ils furent très vite de grands amis.

 

Charley Mills 80[1]

Charley Mills, allait révolutionner le monde du trot en France, et faire de Gélinotte une championne de légende

 

 

 

Charley Mills était connu pour son amour des femmes, des chevaux, des cigares, du champagne et des œuvres d’art. Son père était Irlandais, mais lui-même était né à Hambourg, dans un univers de chevaux, non pas des pur-sang irlandais, mais des demi-sang trotteurs.

Il se fit connaître en France en remportant le Prix d’Amérique 1934 avec Walter Dear, un cheval qui avait déjà gagné dans sa jeunesse le fameux Hambletonian, en 1929, à Lexington, aux Etats-Unis.

Mills tenta de faire aussi bien cinq ans plus tard, dans le Prix d’Amérique 1939, avec Probst, le propre fils de Walter Dear, mais dut se contenter d’une deuxième place derrière De Sota.

Au sortir de la guerre, en 1945, Charley Mills était ruiné. Son centre d’entraînement de trotteurs tomba en pleine zone soviétique. Les Russes avaient fait main basse sur ses chevaux. Walter Dear, lui-même, disparut mystérieusement.

 

Il décida alors de se rendre en France pour « repartir de zéro ». A la suite d’une multitude d’aventures, impossibles à raconter ici, il devint le « sorcier de Chamant », celui qui allait révolutionner complètement le monde du trotting en France. Il permit à tous ses confrères français de rattraper l’immense retard qu’ils avaient concédé sur leurs collègues des autres grands pays du trot. Les progrès qu’il leur fit faire s’appliquaient notamment sur le ferrage des chevaux, mais ce n’est qu’un détail parmi tant d’autres. Tous les grands professionnels du trotting qui l’ont connu, tous ceux qui ont pu bénéficier de son incroyable expérience sont unanimes pour reconnaître tout le bien qu’il apporta dans ce monde des courses au trot.

 

C’est donc cet homme-là qui devint le metteur au point de Gélinotte, dans son fameux centre d’entraînement à Chamant. Gélinotte restera d’ailleurs son plus beau « chef-d’œuvre ». 

 

Gélinotte, nouvellement façonnée « à la Mills », réapparut à Vincennes durant l’été 1953. Elle s’imposa d’emblée sur 2 600 mètres, avec un nouveau record de 1’26’’2. Deux autres victoires suivirent dans la même semaine, ainsi qu’un record de 1’25’’1 sur 2 250 mètres.

Dès le début de l’hiver elle s’imposa sur 22 adversaires dans le Prix Jacques de Vaulogé.

Son record était maintenant de 1’23’’2. Malgré cela elle échoua dans le Prix Abel Bassigny, et dans le classique Critérium des 3 ans, alors son principal objectif.

On crut alors que Goëland, que menait Raoul Simonard, était meilleur qu’elle (les deux chevaux de tête de la génération avaient en effet chacun un nom d’oiseau). Goëland devait la battre dans les Prix Jules Thibault et Ephrem Houël.

 

Ce fut à 4 ans que Gélinotte se montra intraitable, gagnant coup sur coup : le Prix Phaëton, devant Geyser, Gai Printemps, Goëland, en 1’20’’9, le Prix de la Foire de Milan, pour son premier déplacement à l’étranger, en 1’19’’1, devant Feu Follet X, le gagnant du Prix d’Amérique, et pour finir en beauté, le Critérium des 4 ans, en 1’23’’2, sur 2 800 mètres, devant Goëland, qui devait désormais admettre la supériorité de son ancienne rivale.

Elle battit Gutemberg A à Enghien, qui n’était pas son hippodrome favori.

Ensuite, elle aligna 11 victoires consécutives : le Critérium Continental, le Prix Guy Le Gonidec, le Prix de l’Etoile, le Grand Prix d’Eté, le Grand Prix du Jubilé à Hambourg, le Grand Prix des Nations à Milan, en 1’20’’1, le Prix Paul Brion, le Prix Marcel Laurent, le Prix Ariste Hémard et le Prix de Croix, le 15 janvier 1955 ; elle venait d’avoir 5 ans.

 

Toutes ses victoires successives valurent à Gélinotte de partir favorite à 3/10 dans le Prix d’Amérique, lorsqu’elle fut battue par Fortunato II, son compagnon d’entraînement, que menait Roger Céran-Maillard. Gélinotte se classant deuxième devant la brave Cancannière. Cette histoire fit couler beaucoup d’encre, et parler beaucoup de mauvaises langues, affirmant qu’on avait laissé gagner le mâle pour mettre en valeur sa future carrière d’étalon.

 

Gélinotte se fit pardonner en remportant brillamment les Prix de Belgique, d’Argentine, de Paris, de Sélection et de Vénus, avant d’aller subir à l’étranger sa première défaite : Oriolo, le champion italien bien connu, la battit à Milan dans le Prix de la Foire.

Il devait confirmer tout le bien qu’on pensait de lui en remportant quelques mois plus tard le Critérium Continental à Vincennes.

 

Mais Gélinotte oublia bien vite cet échec pour aligner cette fois 14 victoires consécutives : le Prix Marcel Laurent, le Prix de Bourgogne, son premier Prix d’Amérique, en 1’22’’2, devant Hortensia VII et Horus L, le Prix de France, en 1’19’’2, devant Hatik et Cancannière, le Prix de Paris, en 1’21’’4, devant Gay Noon et Cancannière, le Prix de Sélection, le Grand Prix de la Loterie (éliminatoire et finale) à Naples, en 1’17’’7 et 1’17’’8, le Grand Prix de la Foire à Milan, le Prix Ghirlandina à Modène, l’Elitloppet (éliminatoire et finale) à Stockholm, en 1’17’’3 et 1’16’’7, devant Frances Bulwark et Gay Noon en finale, le Grand Prix d’Aby à Göteborg, en 1’20’’, devant Gay Noon et Carné, l’Elite Rennen à Gelsenkirchen, en 1’19’’, devant Tampiko et Gay Noon.

 

TampikoLe champion allemand Tampiko, que Gélinotte battit à Gelsenkirchen dans l’Elite Rennen 1956

 

 

C’est ainsi qu’elle conquit une « gloire immortelle » à travers la France et toute l’Europe.

Tout le monde parlait de Gélinotte, y compris ceux qui n’avaient jamais mis les pieds sur un champ de courses.

Elle reprit le cours de ses succès à Vincennes en remportant son second Prix d’Amérique, en 1’20’’8, devant Hatik et Héli Volo, puis son deuxième Prix de France, en 1’18’’5, devant Emden et Smaragd, et son troisième Prix de Paris, en 1’22’’8, s’octroyant ainsi pour la deuxième fois consécutive la Triple Couronne de Vincennes.

 

Puis elle partit pour une nouvelle tournée victorieuse à l’étranger où elle remporta la première manche du Grand Prix de la Loterie de Naples, en 1’18’’6, avant de se faire battre en finale par le fameux crack italien Tornese.

Elle gagna au Danemark la Coupe de Copenhague, devant Jariolain et Emden, se classa deuxième de Cornet dans le 1er heat de l’Elitloppet, à Stockholm, gagna le deuxième heat en 1’16’’8, avant de triompher dans la finale, en 1’17’’1, devant Cornet et Cirano. Elle gagna encore à Göteborg, le Grand Prix d’Aby, en 1’20’’2, prenant ainsi sa revanche sur Tornese.

Elle passa par la Hollande pour tenter sa chance dans le Grand Prix des Pays-Bas, à Duindigt, près de La Haye, mais dut se contenter d’une deuxième place derrière Peterhof, auquel elle avait la lourde charge de rendre 80 mètres : ce fut mission impossible ! Mais elle gagna le Grand Prix d’Allemagne à Hambourg, en 1’19’’1, devant Horrido et Jariolain, puis le Prix des Meilleurs à Munich, devant Jokai et Gay Noon. Enfin, elle signa en 1’19’’4 la dernière victoire de sa prestigieuse carrière à Vienne dans le Graf Kalman Hunyady Gedenkrennen, la plus belle épreuve du calendrier autrichien, qu’elle remporta devant Gay Noon et Tampiko.

 

Peterhof-000-copie-1.jpg

Peterhof réussit l’exploit de battre Gélinotte dans le Grand Prix des Pays-Bas, à La Haye, mais il bénéficiait de 80 mètres d’avance.

 

 

 

Elle échoua pour son retour à Vincennes alors qu’elle avait 75 mètres à rendre à 18 adversaires, et fut battue à Milan dans le Grand Prix des Nations 1957, que le champion Crevalcore remporta en 1’19’’2 devant Tornese ; Gélinotte se classant troisième.

 

Elle apparut encore quatre fois en public, en 1958, alors qu’elle avait 8 ans, se classant deuxième d’Infante II, dans le Prix de Bourgogne, et quatrième du Prix de France, que Jamin, la nouvelle gloire de Vincennes, remportait en 1’18’’1, devant Infante II et Smaragd.

Ce fut la seule fois que Jamin et Gélinotte coururent ensemble.

Gélinotte fit ses adieux dans le Prix de Paris, qu’elle avait remporté à trois reprises, mais ne put cette fois que conclure au quatrième rang derrière Jariolain, Infante II et Smaragd.

 

Pendant des années, elle continua à alimenter les pages des journaux, les émissions de radio, celles de la télévision, les reportages du cinéma, et reçut les lettres de ses innombrables admirateurs, ceux qu’elle avait gagnés à sa cause durant ses campagnes victorieuses à travers la France et l’Europe ; c’est ainsi qu’elle s’offrit deux fois le titre de championne d’Europe, en remportant à deux reprises le Grand Circuit International Européen, en 1956 et 1957.

 

Gélinotte s’éteignit le 26 mars 1970. Mais elle nous a laissé son souvenir au haras grâce à son meilleur fils Ura, à qui nous devons Iris de Vandel, Ispahan, Ivory Queen, Jordaens, Lurabo, Noble Atout, Olvera, Reine du Corta… et aussi Greyhound, père d’un certain Ourasi !

 

Gelinotte apres sa victoire dans le Prix d'Amerique 1957 00

Gélinotte et ses admirateurs après sa victoire dans son deuxième Prix d’Amérique, en 1957.

 

 

 

La génération suivante nous donna aussi des champions comme Haut Médoc LB, qui s’illustra au trot monté, Honoré II, Hortensia VII, et surtout Hairos II, le fils de Kairos, qui se révéla tardivement, sous les couleurs hollandaises de M. A. Woordouw et l’entraînement de W. H. Geersen. En 1959, à Enghien, accompagné par un pur-sang au galop, que montait Patrick Céran-Maillard, il battit l’ancien record du kilomètre établi en 1’15’’2 par Hyderabad, en réalisant une réduction de 1’13’’4 ; record qui tiendra 26 ans. Il gagna le Prix d’Amérique 1960, en 1’21’’3, devant les champions Tornese et Jamin, et confirma cette victoire en succédant à Jamin au palmarès du Roosevelt International TrotChampionnat du Monde, à Roosevelt Raceway, qu’il remporta en 1’16’’5, devant Crevalcore et Silver Song. Il inscrivit aussi le Grand Prix des Pays-Bas à trois reprises (1959, 1960, 1961) à son palmarès, devenant ainsi un cheval de légende dans son pays d’adoption, comme le seront par la suite Quicksilver S, le populaire « Quickie », un natif des Pays-Bas, et la jument d’origine américaine Speedy Volita.

 


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Hairos II, un trotteur français, fils de Kairos, frère de Gélinotte, devenu champion des Pays-Bas

 

Hairos-II-gagne-le-Prix-d-Amerique-1960-0007.jpg

     Hairos II gagne le Prix d’Amérique 1960, devant Tornese et Jamin

 

Hairos-II-gagne-le-championnat-du-monde-1960--devant-Creval.jpgHairos II remporte le Roosevelt International Trot – Championnat du monde 1960 à New York,

devant Crevalcore et Silver Song

 

 

Hairos-II-00.jpg

      Hairos II remporte le Grand Prix des Pays-Bas à La Haye

Gélinotte souvenirs de Prix d'Amérique

La génération des « I » présente Ica VI, Idumée, deux pouliches précoces, qui vont briller jeunes dans les classiques, et Icare IV, Infante II, à la carrière plus internationale. Icare IV étant considéré comme le premier champion de la célèbre écurie Levesque, immortalisée par la casaque jaune, croix de Lorraine noire, brassards noirs, toque noire du grand propriétaire, éleveur, entraîneur qu’était Henri Levesque, et pour lequel Icare IV remportera quelques-unes de ses plus belles victoires, comme le Prix du Président de la République, un classique au trot monté à Vincennes, et l’Elite Rennen, à Gelsenkirchen, avant d’être vendu en Italie, et de poursuivre sa carrière sous couleurs italiennes.

Sur les pistes de France, d’Italie, et d’ailleurs en Europe, et même aux Etats-Unis, le fameux Icare IV aura maintes fois l’occasion d’affronter un certain Jamin, son cadet d’un an, que beaucoup considéraient comme le plus grand trotteur de tous les temps. Jamin était lui-même le leader d’une génération en tête de laquelle on relèvera les noms de Jariolain, Job, Jocrisse, Jolie Folle, Joli Veinard D, Jour de Veine, Joyeux Troupier, qui tous auront des titres à faire valoir ; le meilleur, après Jamin bien sûr, étant sans conteste Jariolain, qui comme Icare IV, adoptera la nationalité italienne, pour mieux échapper à la suprématie de Jamin.

 

Icare IV

Icare IV, premier champion de l’écurie d’Henri Levesque, immortalisée par la casaque jaune à croix de Lorraine noire, brassards noirs, toque noire.

 

 
Jamin

 

Jamin 1958 - 1959

Jamin gagne le Prix d’Amérique 1959 en temps record (1’20’’)

Jamin, né en 1953 au haras des Rouges Terres, de l’union d’Abner et de Dladys, fut le premier trotteur à inscrire son nom au palmarès du Roosevelt International TrotChampionnat du Monde, à New York, en 1959 ; il gagna deux fois le Prix d’Amérique, trois fois le Prix de France, deux fois le Prix de Paris, et fut aussi le trotteur le plus rapide d’Europe et le lauréat du Grand Circuit International Européen.

 

Jamin sp selection numerisation0009

Jamin et Jean Riaud

A une époque où les femelles semblaient régner sur le trot français, un jeune mâle nommé Jamin fit une incursion retentissante dans le cercle très fermé des champions de Vincennes. En trottant sur le pied de 1’13’’6 aux Etats-Unis et de 1’14’’4 à Enghien, il devint le trotteur le plus rapide d’Europe et lui aussi remporta le Grand Circuit International Européen ainsi que la Triple Couronne (Prix d’AmériquePrix de FrancePrix de Paris). Mais sa célébrité est due surtout au fait qu’il fut le premier trotteur à inscrire son nom au palmarès du Roosevelt International Trot, l’officieux Championnat du Monde des trotteurs disputé sur l’hippodrome de Roosevelt à New York. C’était le 1er août 1959, par une chaude nuit d’été que Jamin éblouissait les Américains en s’imposant devant Tornese, Trader Horn, Icare IV et quatre autres chevaux. Impressionnés, les journalistes américains lui trouvèrent un surnom significatif : « la Mort qui rampe ».

 

Jamin était né le 1er mai 1953 de l’union d’Abner et de Dladys au célèbre haras des Rouges Terres de la famille Olry-Roederer. Il y retourna en 1961 pour y entamer sa nouvelle carrière, celle d’étalon. Or, s’il n’a pas engendré de fils digne de lui, il peut lui aussi s’enorgueillir de compter parmi ses descendants, outre Fleuronné et Hymour, un certain Ourasi. (Jamin fut cependant un bon père de mères (poulinières).

 

Le péché mignon de Jamin était les artichauts, et ses admirateurs, y compris les Américains, lui en envoyaient par dizaines de kg par la poste, avant et après chaque victoire.

 

On prétend que le nom de Jamin lui vint d’une mauvaise liaison téléphonique : l’employé du haras aurait compris « Jamin » au lieu de « Jasmin », comme voulait l’appeler Madame Olry-Roederer, en référence à son central téléphonique ; d’autres disent qu’on l’appela ainsi pour plaire au patron du restaurant « Chez Jamin », à Paris (XVIe), où la famille des propriétaires déjeunait régulièrement.

Il semble maintenant que ces deux anecdotes soient de la pure invention, mais peu importe : Jamin n’avait pas besoin de cela pour entrer dans la légende.

 

Sa carrière de courses débuta à Enghien, le 18 août 1955, par le Prix de Passy (1 500 m), dans lequel il se classa deuxième de Javoulet, en faisant afficher 1’23’’1. Lors de sa deuxième course, à Vincennes cette fois, Jamin se classa troisième derrière Jasmino Royal et Jokai, dans le Prix des Clématites (1 200 m), avec un temps de 1’46’’4, soit une réduction de 1’28’’7. Puis il gagna le Prix des Myosotis (1 200 m), toujours à Vincennes, en 1’29’’.

Jamin, né en 1953 au haras des Rouges Terres, de l’union d’Abner et de Dladys, fut le premier trotteur à inscrire son nom au palmarès du Roosevelt International Trot – Championnat du Monde, à New York, en 1959 ; il gagna deux fois le Prix d’Amérique, trois fois le Prix de France, deux fois le Prix de Paris, et fut aussi le trotteur le plus rapide d’Europe et le lauréat du Grand Circuit International Européen.

Jamin, né en 1953 au haras des Rouges Terres, de l’union d’Abner et de Dladys, fut le premier trotteur à inscrire son nom au palmarès du Roosevelt International Trot – Championnat du Monde, à New York, en 1959 ; il gagna deux fois le Prix d’Amérique, trois fois le Prix de France, deux fois le Prix de Paris, et fut aussi le trotteur le plus rapide d’Europe et le lauréat du Grand Circuit International Européen.

Jean Riaud, l'homme qui fit Jamin

Jean Riaud, l'homme qui fit Jamin

Il avait été confié à Jean Riaud, le fils de Francis Riaud, qui l’entraînait et le menait en courses. Ils allaient se bâtir ensemble l’un des plus beaux palmarès de l’histoire des courses au trot, notamment en remportant deux Prix d’Amérique, trois Prix de France, deux Prix de Paris, le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, le premier Roosevelt International TrotChampionnat du Monde (officieux) des trotteurs à New York, ainsi que le Grand Circuit International Européen.

Jamin fit sa rentrée à Enghien, le 31 janvier 1956, dans le Prix Nébuleuse V, se contentant alors d’une modeste cinquième place. Il fit mieux à Vincennes, le 12 février, dans le Prix de Charleville, qu’il remporta 1’26’’2, ce qui constituait son record.

Le froid de l’hiver 1956 sévissait à Vincennes et plusieurs réunions furent annulées à cause du gel. Jamin perdit le Prix de Durtal, le 19 février, remporté par Joncy, mais il renoua avec la victoire en fin de meeting, le 22 février, tout en portant son record à 1’25’’4.

Ce fut le 7 mai, en nocturne, dans le Prix Gallea, que Jamin fêta le retour du printemps, par une victoire, tout en portant son record en 1’25’’. Mais il ne fut que troisième un mois plus tard dans le Prix Fortuna.

Avec Guy Riaud pour cavalier, il courut pour la seule fois de sa carrière au trot monté, dans le classique Saint-Léger des Trotteurs, à Caen ; il s’y classa deuxième de Jour de Veine, avec un chrono de 1’26’’6. L’été venait à point pour nous révéler le vrai visage de Jamin.

Après une troisième place à Enghien, dans le Prix Henri Cravoisier, remporté par Jokai devant Jalna IV (la mère de Roquépine), Jamin gagna le Prix Alfred Lécuyer en 1’22’’7, puis le premier classique de sa carrière, le Prix de l’Etoile, en 1’21’’, devant Ica VI et Jokai.

Parmi les vaincus, on comptait également un certain Icare IV, que Jamin rencontrait pour la première fois, et qui allait être par la suite l’un de ses plus fameux adversaires.

C’est par cette belle victoire que Jamin clôturait son meeting d’été à Vincennes. Il fut mis au repos et l’on ne le revit plus avant le mois de janvier 1957, celui de ses 4 ans.

 

Il attendit cependant la fin du meeting pour se mettre à l’honneur et remporter son deuxième classique, le Prix de Sélection, en 1’22’’6, devant Jokai et Hairos II.

Ce fut la première d’une série de six victoires consécutives et prestigieuses, puisqu’il gagnait aussi le Prix Phaëton, en 1’20’’2, devant Judelle II, le classique Critérium des 4 ans, son principal objectif, en 1’21’’9, devant Joli Veinard D et Jokai, le Prix de Milan, à Enghien, en 1’19’’3, le Critérium Continental, en 1’22’’2, devant Joyeux Troupier et Joli Veinard D, et le Prix Guy Le Gonidec, en 1’19’’4, devant Joli Veinard D et Jabel.

Mais, dans le Prix de l’Etoile, il fut battu d’un nez par Joli Veinard D, qui le devança à nouveau dans le Prix Ariste Hémard.

 

A cet âge, Jamin se distingua aussi en Italie, battant en 1’18’’9, le champion Crevalcore et Carroccio dans le Grand Prix Continental de Bologne.

Jariolain, qui lui avait triomphé à Milan, dans le Grand Prix d’Europe, devant le même Crevalcore, fut vendu peu après cette victoire à un propriétaire italien, M. Enzo Malvicini. Il commença alors une tournée européenne, qui devait rapporter à son nouveau propriétaire : 2 996 262 lires, 765 000 couronnes danoises, et 373 500 DM.

 

En 1958, à l’âge de 5 ans, Jamin, façonné par Jean Riaud, devint une grande vedette de classe internationale. Sur les quinze courses qu’il disputa à cet âge, il en remporta douze, dont le Prix d’Amérique en temps record (1’20’’).

Il commença sa série victorieuse en enlevant le Prix de Croix, en 1’20’’5, devant Jariolain, que drivait Orlando Zamboni, et Joli Veinard D, le Prix d’Amérique, en 1’20’’, devant Jariolain et Infante II, le Prix de France, en 1’18’’1, devant Infante II, Smaragd et Gélinotte, qu’il rencontrait pour la seule fois de sa carrière.

Il fit l’impasse sur le Prix de Paris, que gagna Jariolain devant Infante II, Smaragd et Gélinotte, dont ce fut la dernière course.

Jariolain gagna le Grand Prix d’Europe de Milan devant Crevalcore, avant d’être vendu en Italie. Il succéda à Gélinotte comme champion d’Europe en enlevant le Grand Circuit International 1958 et fut le premier à inscrire son nom au palmarès du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur à Cagnes-sur-Mer la même année. Il se classa deuxième de Jamin dans le Prix d’Amérique 1958 et le Critérium des 5 ans, mais gagna le Prix de Paris 1958, devant Infante II, Smaragd et Gélinotte.

Jariolain gagna le Grand Prix d’Europe de Milan devant Crevalcore, avant d’être vendu en Italie. Il succéda à Gélinotte comme champion d’Europe en enlevant le Grand Circuit International 1958 et fut le premier à inscrire son nom au palmarès du Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur à Cagnes-sur-Mer la même année. Il se classa deuxième de Jamin dans le Prix d’Amérique 1958 et le Critérium des 5 ans, mais gagna le Prix de Paris 1958, devant Infante II, Smaragd et Gélinotte.

Jamin préféra s’imposer pour la deuxième fois dans le Prix de Sélection, qu’il signa en 1’21’’5, devant Infante II et Joli Veinard D. Puis il termina son meeting par le Prix Ovide Moulinet, qu’il remporta en 1’21’’6, devant Joli Veinard D.

Il s’en alla triompher à Bruxelles dans le Grand Prix de l’Exposition, qu’il remporta en 1’17’’6 devant Jaboune.

Son retour à Vincennes durant l’été se solda par une victoire dans le Prix Jockey, en 1’18’’5, devant Joyeux Troupier et Jolie Quercinoise.

Puis ce fut son triomphe dans le classique Critérium des 5 ans, en 1’20’’2, devant Jariolain et Job. Il gagna encore son deuxième Prix de l’Etoile, en 1’17’’5, devant Luth Grandchamp et L’Elope, le Grand Prix d’Eté, en 1’19’’, devant Icare IV et Infante II, le Prix Doynel de Saint-Quentin, en 1’20’’, devant Joli Veinard D et Joyeux Troupier, et pour finir l’année en beauté, le Prix du Bourbonnais, en 1’19’’, devant Joli Veinard D et Hairos II, bien que devant rendre 75 mètres aux chevaux du premier poteau.

 

Mais il fut battu à l’étranger, d’abord par Icare IV à Duindigt, près de La Haye, dans le Grand Prix des Pays-Bas, puis à Trieste, en Italie, par le champion Tornese, alors qu’il se classait troisième derrière Icare IV, et finalement à Milan dans le Grand Prix des Nations, que remportait Icare IV, en 1’19’’4, devant Tornese et Double Scotch, alors que Jamin, à la faute dans le dernier tournant, puis repris par son driver, devait terminer dernier !

Jamin et Icare IV à la lutte dans le Grand Prix des Pays-Bas à Duindigt, près de La Haye

Jamin et Icare IV à la lutte dans le Grand Prix des Pays-Bas à Duindigt, près de La Haye

Cette contre-performance de Jamin inquiéta beaucoup son entourage, qui le fit examiner par le docteur Rouzaud, en présence de son épouse, de Jean Riaud, et d’autres personnalités du monde des courses et de la presse hippique. Son état fut jugé satisfaisant, le cheval avait seulement accusé un coup de fatigue bien pardonnable, et l’on ne songea plus qu’à sa revanche lors du prochain meeting d’hiver de Vincennes.

L’année 1959, celle de ses 6 ans, allait lui valoir une gloire et une célébrité mondiales, un titre de champion du monde, un autre de champion d’Europe, plus de 100 millions d’AF de gains, ainsi qu’un record fabuleux pour l’époque de 1’13’’6 sur le mile.

Son triomphe commença à Vincennes, où il sera le premier trotteur dans l’histoire à demeurer invaincu durant tout le meeting d’hiver, comme seul Ourasi l’a réussi depuis.

Jamin va remporter ainsi successivement : le Prix de Bourgogne, en 1’18’’4, devant les champions Icare IV et Hairos II, son deuxième Prix d’Amérique, en 1’20’’5, devant Icare IV et Tornese, son deuxième Prix de France, en 1’19’’3, devant Icare IV et Infante II, son premier Prix de Paris, en 1’20’’6, devant Icare IV et Jariolain, son troisième Prix de Sélection, en 1’19’’, devant Liebelei et Luiz II. Comme Gélinotte, il s’octroyait donc la Triple Couronne de Vincennes, tandis qu’Icare IV, devenu italien, Hairos II, Tornese, Infante II et Jariolain devaient reconnaître sa supériorité.

Fort de sa réussite sur le plateau de Gravelle, Jamin descendit sur la Côte d’Azur, comme toutes les vedettes, afin de se faire applaudir sur l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer, où il succéda à Jariolain au palmarès du Grand Critérium de Vitesse, créé un an plus tôt, qu’il remportait en 1’15’’5, devant Icare IV et Jariolain, le tenant du titre. Sur ce même hippodrome, il devait gagner également le Prix de Vincennes, avant de partir pour un nouveau périple à travers le monde.

On le revit à Stockholm, sur l’hippodrome de Solvalla, où il enleva l’Elitloppet (le Prix de l’Elite Internationale), disputé cette année-là sur la distance inhabituelle de 3 200 mètres, qu’il remporta en 1’21’’1, devant Icare IV et Adept. Puis Jamin se rendit dans la capitale du Danemark pour la Coupe de Copenhague, alors appelée Championnat International ; il remporta facilement la première épreuve, mais dans la finale dut se contenter de la quatrième place, alors que l’inattendu Jens Protector s’imposait devant Prince Lad et Inventor.

Jens Protector cause une surprise en battant Jamin dans la finale du Championnat International 1959,  faisant office de Coupe de Copenhague, dans la capitale du Danemark.

Jens Protector cause une surprise en battant Jamin dans la finale du Championnat International 1959, faisant office de Coupe de Copenhague, dans la capitale du Danemark.

Jamin revint en Suède, à Göteborg, pour le Grand Prix d’Aby, dans lequel Icare IV prit enfin sa revanche sur son rival en s’imposant en 1’19’’8 ; Jamin étant deuxième devant Tex Iran.

Jamin passa alors par la Hollande, à Duindigt, près de La Haye, où Hairos II, enfin maître chez lui, le battit dans le Grand Prix des Pays-Bas, dont Icare se classait troisième.

Puis, ce fut l’Elite Rennen, à Gelsenkirchen, en Allemagne, où Jamin, troisième, fut encore battu par Hairos II et aussi par Icare IV.

 

Alors arriva la grande aventure américaine. Durant la nuit du 1er août 1959, sur l’hippodrome de Roosevelt Raceway, à New York, Jamin fut sacré champion du monde, en battant chez eux les meilleurs trotteurs d’âge américains, du jamais vu ! Jamin était bien et plus que jamais un cheval de légende. A l’issue d’une course époustouflante dans le premier Roosevelt International Trot – Championnat du Monde des Trotteurs, Jamin battait en 1’18’’1, sur 2 413 mètres, l’italien Tornese, l’américain Trader Horn, l’ex-français Icare IV devenu italien et quatre autres chevaux.

Lors d’un essai sur le mile, à Du Quoin, dans l’Illinois, Jamin établira un record de 1’13’’6, devenant ainsi le trotteur le plus rapide de France et d’Europe, puis il remportera une autre épreuve, en 1’16’’5, sur 2 011 mètres, à Roosevelt Raceway, le 18 septembre, avant de s’embarquer pour la côte Ouest au mois d’octobre.

Il se rendra ainsi en Californie, à Hollywood Park, pour y disputer l’American Trotting Classic, gagnera une manche en 1’14’’4, se classera deuxième de Senator Frost dans la deuxième, puis troisième, en 1’13’’5, dans la troisième derrière la championne californienne Charming Barbara, la tenante du titre, et Trader Horn.

Comme de véritables stars d’Hollywood, Jamin et Charming Barbara ont suscité l’admiration du public ; pourtant, au classement final des points, c’est Senator Frost qui sera déclaré vainqueur de la grande épreuve californienne.

Les Américains, conquis par Jamin, lui feront cadeau d’une tonne d’artichauts, le légume préféré du champion.

Durant la nuit du 1er août 1959, sur l’hippodrome de Roosevelt Raceway, à New York, Jamin fut sacré champion du monde, en battant chez eux les meilleurs trotteurs d’âge américains. A l’issue d’une course époustouflante dans le premier Roosevelt International Trot – Championnat du Monde des Trotteurs, Jamin battait en 1’18’’1,  sur 2 413 mètres, l’italien Tornese, l’américain Trader Horn, l’ex-français Icare IV…

Durant la nuit du 1er août 1959, sur l’hippodrome de Roosevelt Raceway, à New York, Jamin fut sacré champion du monde, en battant chez eux les meilleurs trotteurs d’âge américains. A l’issue d’une course époustouflante dans le premier Roosevelt International Trot – Championnat du Monde des Trotteurs, Jamin battait en 1’18’’1, sur 2 413 mètres, l’italien Tornese, l’américain Trader Horn, l’ex-français Icare IV…

Roosevelt International Trot 1959 Jamin

Roosevelt International Trot 1959 Jamin

De retour en Europe, Jamin se rend à Milan pour y disputer le Grand Prix des Nations, dans lequel il retrouve Tornese et Icare IV. Tornese, maître chez lui, en profite pour prendre sa revanche sur son rival français, l’emportant en 1’18’’7, devant Jamin et l'ex-français Icare IV.

Mais, cette année-là, en 1959, Jamin sera aussi sacré champion d’Europe, succédant ainsi à Jariolain, pour avoir totalisé le plus de points dans le Grand Circuit International Européen.

Après Gélinotte, en 1956 et 1957, Jariolain, en 1958, Jamin, en 1959, est donc le troisième trotteur à s’octroyer ce titre de champion d’Europe.

 

Jamin, auréolé de ses titres flatteurs et de ses nouveaux records, retrouva son public de Vincennes à l’occasion du meeting d’hiver. Il fut très acclamé, comme il se doit, pourtant, Jour de Veine, dans un grand jour justement, le priva de la victoire dans le Prix du Bourbonnais, dont il se classait deuxième devant Honoré II.

Jour de Veine restera d’ailleurs l’un des rares trotteurs à avoir battu deux fois Jamin, puisqu’il l’avait déjà dominé au trot monté, dans le Saint-Léger de Caen.

 

Au début de l’année 1960, Jamin dut se contenter d’une quatrième place derrière Jariolain, Iskander F et Infante II dans le Prix de Bourgogne. Son entourage craignait alors qu’il ne paye maintenant sa rude campagne américaine dans le Prix d’Amérique, d’autant que le règlement de l’époque l’obligeait à rendre 50 mètres à tous ses adversaires.

Jean Riaud jugea cette tâche trop difficile et affirma qu’il n’avait pas le droit d’imposer cela à son champion. Mais les propriétaires du crack n’étaient pas de cet avis, Jamin fut donc confié au driver allemand Gerhard Krüger, qui se trouva très honoré de mener un tel champion dans une course aussi prestigieuse que le Prix d’Amérique.

Bien qu’il n’eût jamais trotté aussi vite dans cette épreuve, en 1’19’’9, Jamin dut se contenter de la troisième place derrière Hairos II et Tornese.

Hairos II lui, en gagnant, avait fait enregistrer un temps de 1’21’’3.

 

Retrouvant Jean Riaud, Jamin reprit le cours de ses succès, remportant ainsi son troisième Prix de France, en 1’19’’8, devant Jariolain et Iskander F, son deuxième Prix de Paris, en 1’21’’6, devant Jariolain et Kaïd D.

Puis ce fut son exploit inoubliable à Enghien, le 20 février 1960, dans le Critérium International, sur 1 600 mètres, qu’il remporta dans le temps incroyable à l’époque de 1’14’’4, ce qui était le nouveau record d’Europe. Cette course avait beaucoup impressionné tous ceux qui avaient eu la chance d’y assister ; elle fut longtemps considérée comme la plus belle victoire de Jamin. Mais Tornese avait étonné tout autant, car il ne fut battu que sur le fil, quand il s’enleva et fut disqualifié de la deuxième place au profit d’Infante II, laquelle réalisait, en 1’14’’9, le meilleur temps des juments, et se vit associée au triomphe de Jamin.

La troisième place revenait à distance à Kzar de la Robine.

(Or, il semblerait, d’après des témoins très pointilleux, que les allures de Jamin et d’Infante II, dans la phase finale, étaient plus proches de l’amble que du trot. Tornese en avait fait les frais, lui qui n’avait galopé qu’en franchissant le poteau d’arrivée).

 

Tornese devait d’ailleurs prendre sa revanche à Cagnes-sur-Mer, dans le Grand Critérium de Vitesse de la Côte d’Azur, qu’il remporta en 1’15’’7, devant Hairos II et Jamin.

Battu par Jamin dans le premier Roosevelt International Trot – Championnat du Monde à New York, le crack italien Tornese prit sa revanche sur son rival français à Milan, dans le Grand Prix des Nations, puis finalement à Cagnes-sur-Mer, dans le Grand Critérium de Vitesse 1960.

Battu par Jamin dans le premier Roosevelt International Trot – Championnat du Monde à New York, le crack italien Tornese prit sa revanche sur son rival français à Milan, dans le Grand Prix des Nations, puis finalement à Cagnes-sur-Mer, dans le Grand Critérium de Vitesse 1960.

Jamin sera aussi battu dans le Grand Prix d’Eté, remporté par Jeannot devant Kaïd D et Jocrisse, puis aux Etats-Unis, à Yonkers, dans le Gotham Trot et dans l’United Nations Trot.

Il semblerait que le champion des Rouges Terres ait laissé son cœur à Enghien, le jour de son record d’Europe ; peut-être était-ce aussi son chant du cygne.

Pour son retour à Vincennes, en fin d’année, Jamin se classe quatrième du Prix du Bourbonnais, que remporte Jocrisse, en 1’22’’8, devant Le Merlerault et Lavandière III. Mais Jamin, contraint de leur rendre 50 mètres en raison de ses gains élevés, a réalisé 1’20’’9. Cette performance est donc encourageante pour l’avenir.

 

Au début de l’année 1961, dans le Prix de Bourgogne, Jocrisse, grande révélation de ce nouveau meeting d’hiver, s’impose en 1’20’’6 devant Le Roi d’Atout D et Jamin, toujours pénalisé de 50 mètres, qui semble sur la bonne voie. Son entourage peut envisager sa participation au Prix d’Amérique avec de légitimes espoirs. Mais, la veille de la course, on apprend que Jamin s’est blessé à l’entraînement. Cela fait l’effet d’une bombe. Il ne participera pas au Prix d’Amérique 1961, remporté par Masina, en 1’20’’7, devant Tornese, Jocrisse, Jariolain, Mick d’Angérieux…

 

Bien sûr, le forfait de Jamin avait déçu beaucoup de ses admirateurs. Mais ils étaient flattés d’apprendre l’offre d’achat des Américains pour « leur champion » : 800 000 dollars, l’équivalent de 400 millions d’anciens francs. Pour Jamin, c’était encore un record.

 

Durant sa prestigieuse carrière, Jamin avait disputé 71 courses, en avait remporté 40, et était désormais le plus riche des trotteurs français avec un total de gains de 1 427 401 NF.

En attendant son visa pour les Etats-Unis, où il serait stationné à la Warnut Farm, dans le Kentucky, Jamin allait retourner au haras des Rouges Terres, où il était né, pour une première saison de monte au printemps prochain.

Jamin souvenirs de Prix d'Amérique

Jariolain eut la malchance de naître la même année que Jamin, qu’il trouva souvent sur son chemin, notamment dans les Prix d’Amérique et de France, et même aux USA, à Hollywood Park, en Californie, où ils furent tous les deux battus dans l’American Trotting Classic, mais se virent chacun accrédité  d’un record de 1’13’’6 au km.

Jariolain eut la malchance de naître la même année que Jamin, qu’il trouva souvent sur son chemin, notamment dans les Prix d’Amérique et de France, et même aux USA, à Hollywood Park, en Californie, où ils furent tous les deux battus dans l’American Trotting Classic, mais se virent chacun accrédité d’un record de 1’13’’6 au km.

Jariolain pour sa part eut la malchance de naître la même année que Jamin. Pour pallier cet inconvénient, il choisit de se faire italien. Mais, en Italie, il y avait Tornese, Crevalcore, et puis Icare IV, qui avait eu la même idée. Jamin et Jariolain se retrouvèrent tous les deux aux prises, mais cette fois, en Californie, à Hollywood Park, dans l’American Trotting Classic, où bien que battus tous deux, ils obtinrent chacun un chrono de 1’13’’6 au km. Jariolain entra au haras en 1962, un an après Jamin, riche de 67 699 000 lires. Il mourut jeune, en 1966, à peu près en même temps que Tornese, un autre de ses grands rivaux.

 

Le trotteur le plus célèbre de la génération suivante s’appelait Kerjacques. Mais, à la différence de Jamin, ce n’est pas sur les pistes que Kerjacques a bâti sa légende mais au haras.

Kerjacques
Kerjacques, fils de Quinio et d’Arlette III, le plus fameux des étalons d’après guerre, père de Toscan, Une de Mai, Eléazar, Fanacques, Gamélia, Jorky, mais aussi d’Ua Uka, la mère de Fakir du Vivier et d’Hadol du Vivier ; Kerjacques est aussi le père de Chambon P, qui lui succédera en tête de liste des étalons.

Kerjacques, fils de Quinio et d’Arlette III, le plus fameux des étalons d’après guerre, père de Toscan, Une de Mai, Eléazar, Fanacques, Gamélia, Jorky, mais aussi d’Ua Uka, la mère de Fakir du Vivier et d’Hadol du Vivier ; Kerjacques est aussi le père de Chambon P, qui lui succédera en tête de liste des étalons.

Kerjacques s’est éteint au matin du lundi 9 février 1981, (le lendemain du triomphe de Jorky dans le Prix de Paris), au haras national d’Angers où il fonctionnait comme étalon depuis 1960. Il était âgé de 27 ans. Fils du champion Quinio et d’Arlette III, Kerjacques était né le 30 mai 1954, chez Monsieur Louis Dubu.

 

D’illustre famille, son père Quinio, un fils d’Hernani III, s’était déjà distingué en produisant Dubonnet et surtout l’inoubliable Masina.

Sa mère Arlette III, une fille de Loudéac, fut également la mère de Quito et de Seddouk. Kerjacques, quant à lui, fit partie des meilleurs de sa génération avec Karolyne, Katinka, Kimono Royal, Kracovie, Kubler L…

 

Parmi ses victoires, il faut citer les Prix Ariste Hémard et Octave Douesnel à 4 ans, le Prix Ovide Moulinet, le Critérium des 5 ans et le Prix Doynel de Saint-Quentin à 5 ans.

Il fut aussi deuxième du Critérium Continental derrière Karolyne, et deuxième du Prix de Normandie, au monté, derrière Kaïd D.

 

Riche de 174 680 francs de gains, il entra au Haras National d’Angers où il allait se forger sa légende, car c’est là qu’il conçut les : Ruy Blass IV, Toscan, Une de Mai, Villequier B, Bill D, Cette Histoire, Damarète, Eléazar, Ejakval, Fanacques, Feinte, Gamélia, Gadamès, Hague, Hajacques de Chenu, Igor du Beauvoisin, Jorky, Jackson, Jeize, Katinka, Lévorino, Mon Ouiton, Milliard…

Mais aussi Talisca, mère d’Elpénor, Ua Uka, mère de Fakir du Vivier et Hadol du Vivier, Vésuve T, père d’Ianthin, A Vau l’Eau, père de Gauchy, Arsinoé F, mère de King Black, Beauséjour II, père de Kémilla et de Landoas, Brionnette, mère d’Indiscret d’Ax, Balfour, père de Mabrouka, Chambon P, père d’Ilienne, Jeune Orange, Joyeux Chambon, Képi Vert, Le Loir, Pontcaral, Potin d’Amour, Quiton du Corral, Sancho Pança, Dauphin, père de Le Dauphin, Derjacques, père de Nestoriac, Géribia, mère de Minou du Donjon…

 

Parmi les champions qui ont déjà fait leurs preuves au haras citons encore Ruy Blass IV, père de Grandval, Kapulco, Pan de la Vaudère, Toscan, père de Gustavia et de Moscantido, également Villequier B, père de Jiquier, Kimbal et Kélier Dop, Bill D, père de Karim Mabon, Ejakval, père de Pontaubault, Rêve d’Udon, Sébrazac…

 

Kerjacques fut ainsi de 1970 à 1979, premier de la liste des pères de vainqueurs. Durant cette période, ses produits remportèrent près de cinq milliards de centimes.

Voici en un mot qui était Kerjacques, véritable créateur d’une race « les Kerjacques » dans la race du trotteur français et des « Kerjacques » on en parle encore aujourd’hui.

Jusqu’à ce jour, la plupart des champions : Olaf de Brion, Omnifer, Pan de la Vaudère, Pontcaral, Potin d’Amour, Prince Royal, Quarisso, Quellou, Quilon, Quito de Couronne, Quiton du Corral, Rainbow Runner, Reine du Corta, Rêve d’Udon, Rop, Rose du Marquais, Sabre d’Avril, Sa Force, Sancho Pança, Sébrazac, Ténor de Baune, Tiarko, Tipouf, Tsar Unique, Ukir de Jemma, Urane Sautonne, Useria, Vita Nuova, Vivier de Montfort, Voici du Niel, Vourasie, Arnaqueur, Axe des Sarts, Balou Boy, Bengali du Loir, Cèdre du Vivier, Coktail Jet, Dahir de Prélong, Don Paulo, Echo, Eclair de Vandel, Elivagar, Fan Idole, Flambeau des Pins, Fleuron Perrine, Florilège, Fripon Rose, Full Account, Victory Tilly, Galopin du Ravary, Ganymède, Gavroche Perrine, Gébrazac, Général du Lupin, Général du Pommeau, Halimède, Hand du Vivier, Hello Jo, Hermès Perrine, Hirosaka, Insert Gédé, Ipson de Mormal, Itou Jim, Ivory Pearl, Revenue, Fakir Lavec, Jag de Bellouet, Jain de Béval, Jalba du Pont, Jam Pridem, Jasmin de Flore, Jasoda, Jeanbat du Vivier, Jirella, Joyau d’Amour, Hilda Zonett, Kérido du Donjon, Késaco Phédo, Kiwi, Korean, Timberland, L’As de Boussière, Latinus, Love You, Naglo, Lulo Josselyn, Mage de la Mérité, Mambo King, Meaulnes du Corta, Memphis du Rib, Naïf Phi, Nice Love, Nikita du Rib, Not Disturb, Offshore Dream, One du Rib, Orlando Sport, Orlando Vici, Oyonnax, Pearl Queen, Prince Gédé, Rapide Lebel, Ready Cash, Roc Meslois, Rolling d’Héripré, Roxane Griff, Royal Dream, Texas Charm, Un Mec d’Héripré, Vanika du Ruel… sont issus de Kerjacques ! Et Bold Eagle aussi, bien sûr !

 

Comme Kerjacques, la championne Masina avait pour père Quinio. Elle s’illustra surtout à Vincennes, mais dans les deux spécialités du trot (monté et attelé), sous la casaque jaune à croix de Lorraine noire, brassards noirs et toque noire d’Henri Levesque. 

Toscan, Une de Mai, Eléazar et Jorky ont contribué à bâtir la légende de Kerjacques

Toscan, Une de Mai, Eléazar et Jorky ont contribué à bâtir la légende de Kerjacques

Ua Uka, Eva du Vivier, Fakir du Vivier et Hadol du Vivier ont contribué à bâtir la légende de Kerjacques

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Kerjacques est aussi le père de son successeur en tête de liste des étalons, Chambon P

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Pontianak, le dernier " Kerjacques "

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